À quelques jours du double scrutin prévu le 31 mai, la campagne électorale entre dans sa phase finale. Les partis politiques disposent encore de quelques jours seulement pour convaincre les électeurs avant la fermeture officielle de la campagne le 28 mai à 23h59.
Dans un climat politique profondément recomposé, les dynamiques sur le terrain montrent une compétition limitée mais active entre les forces encore en lice.
La mouvance GMD occupe le terrain
Du côté de la mouvance du Groupement des mouvements démocratiques, la mobilisation est visible et organisée. L’UMP, l’un des partis alliés, a tenu cette semaine plusieurs grands rassemblements. Dr Dansa Kourouma et Boubacar Siddighy ont sillonné le Grand Badiar pour appeler à un « vote utile. » À Koundara-Centre, c’est le RPR qui a lancé sa campagne communale, avec Mamadou Bailo Diallo comme candidat à la mairie.
Côté liste nationale, le Professeur Hassane BAH a officialisé le 17 mai sa candidature sur la liste de l’UMP. La liste nationale attribue 49 sièges à la proportionnelle sur les 147 que compte l’Assemblée nationale.
Le FRONDEG court sur deux jambes
L’opposition formelle qui reste dans la course est unique : le Front démocratique de Guinée d’Abdoulaye Yéro Baldé. Et elle court sur deux jambes — l’une assurée, l’autre encore bancale.
La jambe assurée : dans les communes rurales et les scrutins uninominaux, le FRONDEG est bel et bien présent. À Kaalan, dix-sept candidats battent le terrain depuis le 17 mai. Samba Camara, membre du bureau politique, a été clair le 11 mai : « On ne peut pas rester chez soi et gagner une élection. »
La jambe bancale : la liste nationale. Comme LeCri24 l’a révélé le 20 mai, le FRONDEG reste absent des spécimens de vote distribués par la DGE pour le scrutin de liste nationale. La DGE n’a pas encore répondu à nos demandes d’explication. Cette situation crée une confusion réelle pour les électeurs qui souhaitent voter FRONDEG sur ce scrutin précis.
Une campagne que les observateurs qualifient d’atone
Les grands partis qui structuraient la vie politique guinéenne depuis des décennies ne sont plus là. L’UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG d’Alpha Condé, l’UFR de Sidya Touré — tous dissous en mars 2026. Les millions d’électeurs qui votaient pour ces formations se retrouvent face à un paysage électoral recomposé en quelques semaines.
RFI a décrit cette campagne comme « atone » et parlé de « recul démocratique. » Abdoulaye Yéro Baldé lui-même a utilisé ces mots sur l’antenne de la radio internationale. La mobilisation populaire reste, selon plusieurs observateurs sur le terrain, en deçà des scrutins précédents.
Ce que l’électeur doit savoir avant le 31 mai
Deux scrutins se tiennent simultanément le 31 mai : les élections législatives (Assemblée nationale) et les élections communales (mairies). Un électeur votera donc plusieurs fois dans son bureau.
Pour les législatives, deux modes de scrutin coexistent : le scrutin uninominal dans les circonscriptions locales, et le scrutin de liste nationale à la proportionnelle. C’est sur ce second scrutin que la situation du FRONDEG reste à clarifier d’ici le 28 mai.
La campagne se clôt le 28 mai à 23h59. Le 29 et le 30 mai, toute communication politique est interdite. Le 31 mai, les bureaux ouvrent à 7h et ferment à 17h.
LeCri24 couvrira le scrutin en temps réel le 31 mai.
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