L’écrivain guinéen Tierno Monénembo tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans une chronique publiée ce mardi dans Le Point, le lauréat du Prix Renaudot 2008 dénonce avec virulence le silence du président français Emmanuel Macron face aux dérives autoritaires du général Mamadi Doumbouya, à la tête de la transition guinéenne depuis le coup d’État de septembre 2021.
« Ce qui est sûr, c’est qu’Emmanuel Macron ne semble pas beaucoup s’émouvoir des dérives dictatoriales de son poulain de Conakry », écrit Monénembo.
« Pendant que se multiplient les morts mystérieuses et les disparitions forcées, il fait semblant de regarder ailleurs. »
Pour l’écrivain, la Guinée, longtemps perçue comme la « brebis galeuse de la bergerie françafricaine », serait désormais devenue « la favorite » de Paris, comparant le colonel Doumbouya à « un nouveau Bokassa » — une référence directe à l’ancien empereur centrafricain soutenu jadis par la France.
Tierno Monénembo s’interroge sur cette « idylle franco-guinéenne » où, selon lui, la France aurait choisi de fermer les yeux sur les violations des droits humains en Guinée, préférant préserver son influence géopolitique en Afrique face aux avancées russes.
« Si j’ai bien compris, c’est sur Mamadi Doumbouya, ce général autoproclamé, que les génies du Quai d’Orsay misent pour tenter, en désespoir de cause, de garder un pied en Afrique », ironise-t-il.
Entre indignation et sarcasme, le romancier lance un véritable cri du cœur :
« Monsieur Macron, rompez le silence ! »
Une tribune qui résonne fort à Conakry comme à Paris, dans un contexte où la liberté d’expression et la répression politique en Guinée restent au centre des préoccupations.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
