Entre fidélité et opportunisme, la scène politique guinéenne est secouée par une vague de “débauchages” qui interroge sur la valeur des convictions et la précarité des alliances.
Un étrange ballet se joue dans les coulisses du pouvoir. Des cadres politiques, surtout issus de l’opposition, sont approchés, séduits, parfois achetés par des émissaires du régime. Objectif : fragiliser les adversaires en apparence, tout en gonflant artificiellement les rangs du pouvoir.
Mais à y regarder de près, ces “ralliements stratégiques” changent peu de chose à l’équation politique nationale. On recrute au sommet sans convaincre la base.
Certains responsables de l’UFDG, pilier historique de l’opposition, résistent par fidélité à leurs idéaux. D’autres, lassés de la lutte ou attirés par le confort du pouvoir, cèdent à la tentation. Pourtant, la gloire est éphémère : une fois ralliés, beaucoup tombent dans l’oubli. Courtisés hier, banalisés aujourd’hui.
Pour l’UFDG, chaque départ est regrettable, mais non fatal. Le parti conserve une base solide et militante. “Un de perdu, dix de retrouvés”, ironisent certains observateurs, soulignant la résilience d’une formation qui a survécu à tous les régimes depuis sa création.
Dans les cercles du pouvoir, la chasse aux nouvelles recrues se poursuit, sans résultats visibles. Les promesses tardent à se concrétiser, les gratifications se font rares, et la frustration grandit chez les “nouveaux convertis”. Beaucoup d’appelés, peu d’élus.
Quitter son camp pour rejoindre le pouvoir devient désormais un pari risqué. Les recruteurs eux-mêmes ne sont pas à l’abri du vent politique : qui peut garantir la durée d’un régime dans un pays où le pouvoir se renverse aussi vite qu’il s’obtient ?
Face à cette instabilité, El Hadj Cellou Dalein Diallo et son parti paraissent plus que jamais ancrés dans le paysage politique. Leur constance inspire confiance, tandis que la “transhumance politique” érode la crédibilité de ceux qui se vendent au plus offrant.
Car céder au gain immédiat, c’est perdre la maîtrise de soi. On passe d’un bord à l’autre, d’une main à une autre, sans honneur ni gloire.
La fidélité, elle, finit toujours par payer.
La cohérence forge le respect.
Et la patience, en politique, demeure un chemin d’or.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
