Chapeau : Coup de tonnerre à quelques semaines de la présidentielle guinéenne. L’Union Démocratique de Guinée (UDG) d’Elhadj Mamadou Sylla annonce son retrait de la course, évoquant le blocage de ses équipements de campagne à la frontière depuis plusieurs mois.
À moins de deux mois du scrutin présidentiel prévu le 28 décembre 2025, l’Union Démocratique de Guinée (UDG), dirigée par Elhadj Mamadou Sylla, ne sera finalement pas de la partie. L’annonce a été faite ce mardi 4 novembre à Conakry par la direction du parti, qui dénonce une situation “incompréhensible et injuste”.
“Nos matériels de campagne, commandés depuis le mois de mai au Sénégal, sont toujours bloqués à la frontière guinéo-sénégalaise. Malgré nos multiples démarches, rien n’a été fait pour débloquer la situation”, a déclaré Elhadj Dembo Sylla, vice-président du parti.
Selon lui, il s’agit d’un préjudice majeur pour la formation politique, qui avait prévu de lancer une vaste campagne nationale. “Des millions ont été investis dans ces matériels. Sans eux, nous ne pouvons pas mener une campagne crédible”, a-t-il ajouté, visiblement amer.
Un coup dur pour le parti de Mamadou Sylla
Ce retrait marque un tournant pour l’UDG, qui avait pourtant participé activement aux précédents scrutins nationaux. Pour ses militants, c’est un “gâchis” et une déception profonde.
“L’UDG a toujours répondu présente dans les grands rendez-vous électoraux. Ce blocage, s’il est délibéré, est une atteinte à la démocratie”, déplore un cadre du parti.
Le parti appelle les autorités à plus d’équité et à garantir des conditions de compétition transparentes et inclusives.
Analyse : un signal d’alerte pour le processus électoral
Ce retrait inattendu soulève de nombreuses interrogations sur les conditions de préparation du scrutin. Entre retards logistiques, tensions politiques et difficultés financières, plusieurs formations peinent à s’organiser.
L’absence de l’UDG — un parti historiquement influent dans la vie politique guinéenne — risque de réduire la diversité du paysage électoral et d’alimenter les critiques sur la crédibilité du processus.
Et maintenant ?
Alors que les dépôts de candidatures se poursuivent, le parti d’Elhadj Mamadou Sylla semble se tourner vers l’avenir, tout en dénonçant un “système verrouillé”.
“Nous restons engagés pour la démocratie, mais nous ne participerons pas à une élection où les règles du jeu ne sont pas les mêmes pour tous”, a conclu le vice-président.
Ce retrait, à un moment aussi crucial, vient une fois de plus rappeler les défis structurels qui entourent les élections en Guinée : logistique, transparence et équité.
— Barry Mamadou Alpha pour LeCri24
