À Conakry, l’Observatoire national autonome de supervision des élections tente de convaincre les formations politiques absentes du processus électoral de revenir dans la course avant les communales du 31 mai 2026.
Lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi 6 mai à Camayenne, le président de l’ONASUR-E, Dr Sékou Koureissy Condé, a renouvelé publiquement son appel en direction du FRONDEG et du Bloc Libéral.
Selon lui, les discussions engagées ces derniers jours avec plusieurs responsables politiques n’ont pas encore permis un retour concret dans le processus. Des représentants de Faya Lansana Millimouno ainsi que ceux d’Abdoulaye Yéro Baldé ont été reçus par l’institution, mais aucune adhésion officielle n’a été annoncée jusqu’ici.
Face à la presse, Dr Sékou Koureissy Condé a présenté un bilan qu’il juge « globalement positif » du déroulement de la campagne électorale.
Il a notamment salué le comportement des forces de sécurité, félicité la Haute Autorité de la Communication pour l’encadrement médiatique du scrutin et défendu le travail de la Direction générale des élections, régulièrement critiquée ces dernières semaines.
« La porte est grandement ouverte. Revenez dans la course. Normalisons », a-t-il déclaré en direction des partis qui boycottent encore le processus.
Concernant le retrait du FRONDEG, le président de l’ONASUR-E estime que cette décision relève avant tout d’un choix politique des concernés.
« Ce n’est ni la DGE ni la Cour suprême qui les a exclus. Ils ont eux-mêmes décidé de se retirer », a-t-il affirmé.
Mais cette sortie médiatique relance également le débat sur la neutralité des institutions de supervision électorale.
En félicitant le président de la République pour la « paix électorale » tout en défendant publiquement la DGE face aux critiques, l’ONASUR-E expose son positionnement à de nouvelles interrogations.
Pour certains observateurs, ces déclarations traduisent simplement un constat sécuritaire et organisationnel : jusqu’à présent, la campagne se déroule sans violences majeures, et l’institution considère normal de le reconnaître publiquement.
D’autres y voient cependant une prise de position susceptible d’alimenter davantage la méfiance des partis absents du processus électoral, notamment sur la question de l’impartialité des organes chargés de superviser le scrutin.
L’ONASUR-E rappelle avoir déployé près de 500 superviseurs sur le territoire national et à l’étranger afin d’observer le déroulement des élections avant la transmission d’un rapport final à la Cour suprême.
À 24 jours du vote, le climat politique reste donc marqué par une double réalité : d’un côté, les autorités mettent en avant une campagne apaisée ; de l’autre, plusieurs acteurs politiques continuent d’exprimer leurs réserves sur l’organisation du scrutin.
Contactés après la conférence de presse, le FRONDEG et le Bloc Libéral n’avaient pas confirmé un éventuel retour dans le processus au moment de la publication.
💬 Un organe de supervision électorale peut-il féliciter le pouvoir en place pendant la campagne tout en restant totalement neutre selon vous ?
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