CONAKRY — La Haute Autorité de la Communication a parlé mardi. Le ministère de l’Administration du Territoire prend le relais ce mercredi.
Ibrahim Kalil Condé, ministre en charge des affaires territoriales, a adressé une lettre circulaire à l’ensemble des administrateurs déconcentrés du pays — gouverneurs de régions, préfets, sous-préfets et secrétaires généraux des communes. L’instruction est claire : encadrer efficacement les campagnes électorales sur le terrain et préserver la paix sociale dans leurs circonscriptions jusqu’au 31 mai.
Six principes, deux absents
La lettre circulaire impose six principes fondamentaux. Deux ont été rendus publics officiellement :
La liberté et l’égalité entre les candidats — aucun administrateur ne doit favoriser une liste au détriment d’une autre dans l’attribution des espaces, l’autorisation des meetings ou l’accès aux ressources locales.
La limitation territoriale des campagnes — un candidat ne peut faire campagne que dans sa circonscription d’inscription.
Le troisième principe cité par Guineenews est «la préservation de l’ordre public et de la sécurité». Les trois autres n’ont pas été rendus publics au moment de la publication de cette dépêche.
HAC sur les médias, MATD sur le terrain
En vingt-quatre heures, la Guinée s’est dotée d’un double cadre réglementaire pour ses élections du 31 mai.
Hier, la HAC définissait les règles d’accès aux médias : seuls les candidats validés à l’antenne, pas d’intermédiaires, journalistes responsables de vérifier les statuts, sanctions immédiates en cas de manquement.
Aujourd’hui, le MATD fixe les règles sur le terrain : égalité entre candidats, limitation géographique, préservation de l’ordre public.
Sur le papier, le cadre est cohérent. Il couvre deux fronts en même temps — les ondes et les rues.
La question que la lettre ne répond pas
Une lettre circulaire adressée aux préfets par leur propre ministère de tutelle soulève une question structurelle : si un préfet contrevient à ces règles en favorisant un candidat de la mouvance présidentielle, qui le sanctionne ? Le même ministère qui lui a envoyé la lettre ? La DGE ? La Cour suprême ?
En Guinée, depuis mars 2024, de nombreux préfets sont des militaires nommés par décret. Ils ne sont pas élus. Ils ne rendent pas compte à une assemblée locale. Leur neutralité pendant une campagne électorale repose entièrement sur leur propre bonne volonté — et sur la surveillance du ministère qui les a nommés.
Ce n’est pas une mise en cause. C’est la question que tout candidat hors mouvance est en droit de se poser.
LeCri24 a demandé au MATD la liste complète des six principes. Réponse attendue.
💬 Dans votre préfecture, votre sous-préfet est-il neutre dans cette campagne ? Vous pouvez nous écrire — en message privé, si vous préférez.
— LeCri24 | 628 58 42 03
