CONAKRY — Il est monté sur le podium en France. Et quelque part à Conakry, des téléphones ont vibré.
Bafodé Gassama Diaby vient d’être sacré champion de l’Hexagone de MMA — les arts martiaux mixtes — dans la catégorie des moins de 93 kilogrammes. Sa victoire face au Hongrois Lajos Papp a été nette. La Confédération lui a remis sa ceinture. Et dans les quartiers de Conakry, dans les groupes WhatsApp de la diaspora guinéenne en France, son nom a circulé avec la même fierté que celle qu’on réserve aux victoires du Syli national.
Il est Franco-Guinéen. Ses deux pays ont gagné en même temps.
Ce qu’on sait de son parcours
Bafodé Gassama Diaby n’est pas tombé dans le MMA par hasard. Les arts martiaux mixtes exigent des années de travail dans plusieurs disciplines — la boxe, la lutte, le jiu-jitsu brésilien, le kickboxing. Un combattant de MMA est un athlète complet, formé sur plusieurs fronts, capable de s’adapter à n’importe quelle situation dans l’octogone. Ce titre de champion de l’Hexagone ne s’obtient pas en quelques mois. Il se construit sur des années d’entraînement, de défaites digérées, de reprises après les blessures.
Ce que la Guinée retient de son histoire, c’est aussi ce qu’il représente : un enfant de la diaspora qui a fait le chemin en France sans couper le lien avec ses racines. Quand il est rentré à Conakry après son titre, l’accueil a été chaleureux — la ville reconnaissant les siens, même ceux qui ont grandi ailleurs.
Deux pays, une victoire
La question que l’on pose souvent aux athlètes franco-africains est toujours la même, formulée de mille façons différentes : «Tu es français ou guinéen ?» C’est la mauvaise question. La bonne, c’est : «Qu’est-ce que tu portes de chaque côté ?»
Bafodé Gassama Diaby ne choisit pas. Il compile. La discipline des salles de sport françaises. La résilience qui vient de loin. L’ambition de ceux qui savent ce que leurs familles ont traversé pour être là où elles sont. Ce cocktail, dans l’octogone, ça donne un champion.
Et pour la jeunesse guinéenne — à Conakry, à Labé, à N’Zérékoré, dans les banlieues françaises — son titre dit quelque chose de simple et de fort : les origines ne sont pas un plafond. Elles peuvent être un moteur.
Ce que ça dit de la Guinée
Ce mercredi 6 mai 2026, la Guinée est une salle de crise à ciel ouvert. Des élections dans vingt-cinq jours. Des Guinéens morts en mer. Des partis qui se retirent. Des tribunaux qui tranchent.
Et dans ce même pays, un Franco-Guinéen est champion d’Europe de MMA.
Ces deux réalités coexistent. Elles n’ont pas à se contredire. La Guinée peut traverser une période politique difficile et produire des champions. Elle peut avoir des problèmes profonds et des enfants qui réussissent partout dans le monde. Ce n’est pas une contradiction — c’est un portrait de pays complexe, vivant, qui avance sur plusieurs fronts à la fois.
Bafodé Gassama Diaby ne résout pas les problèmes de la Guinée. Mais il rappelle quelque chose d’essentiel : que les Guinéens — où qu’ils soient, quoi qu’il arrive — continuent de gagner.
LeCri24 lui souhaite de continuer.
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