OUAGADOUGOU / CONAKRY — Ce mercredi 6 mai 2026, le Conseil supérieur de la communication du Burkina Faso a ordonné la suspension de la diffusion de TV5 Monde sur l’ensemble du territoire burkinabè. Le motif retenu : «manquements à la loi, à l’éthique et à la déontologie dans le traitement des sujets liés à la lutte contre le terrorisme au Burkina Faso et à l’actualité relative aux attaques terroristes au Mali.»
En termes plus directs : Ibrahim Traoré accuse TV5 Monde d’apologie du terrorisme. Et il coupe le signal.
Ce n’est pas la première fois. RFI et France 24 ont été suspendues au Mali, au Burkina et au Niger depuis 2022. Jeune Afrique a été interdite de diffusion dans plusieurs pays de l’AES. La chaîne panafricaine TV5 Monde, co-financée par plusieurs États francophones dont la France, rejoint cette liste.
Ce que ça dit de la région
En Afrique de l’Ouest, la carte des médias étrangers autorisés à diffuser se rétrécit. Les juntes du Sahel ont fait du contrôle de l’information un outil politique assumé — présenté comme une réponse à la «guerre informationnelle» menée par l’Occident, et plus particulièrement par la France.
La Guinée n’est pas dans l’AES. Elle n’a pas suivi cette trajectoire. Mais elle observe. Son classement RSF au 111e rang mondial cette semaine, ses propres suspensions de médias par la HAC, ses chaînes encore sous le coup de sanctions — tout cela se lit différemment quand on regarde ce qui se passe à Ouagadougou.
Ce mercredi, pendant que la Guinée finalise les règles de sa campagne électorale et que la HAC définit qui peut parler dans les médias, son voisin du nord ferme une chaîne internationale.
LeCri24 ne juge pas la décision burkinabè. Il la note. Et il se demande — à voix haute — où se situe la frontière entre encadrement de l’information et fermeture de l’espace médiatique.
💬 Vous regardiez TV5 Monde au Burkina ou en Guinée ? Dites-le.
— LeCri24 | 628 58 42 03
