CONAKRY – Une nouvelle étape vient d’être franchie dans le développement des infrastructures routières en Guinée. Le gouvernement a obtenu un financement de 300 millions d’euros destiné à la réalisation de la route reliant Labé, Tougué et Bafing, un axe stratégique de 160,303 kilomètres appelé à améliorer durablement la mobilité en Moyenne Guinée.
Le projet comprend également la bretelle Banti–Koubia ainsi que la construction d’un pont, des ouvrages qui devraient renforcer la connectivité entre plusieurs localités de cette région.
Un levier pour le développement économique
Cette future infrastructure est attendue depuis de nombreuses années par les populations locales. Labé constitue le principal pôle économique de la Moyenne Guinée, tandis que Tougué et Bafing figurent parmi les préfectures où les déplacements restent particulièrement difficiles, notamment pendant la saison des pluies.
Une route praticable toute l’année pourrait considérablement réduire les temps de trajet, faciliter le transport des marchandises et diminuer les coûts logistiques. Pour les commerçants, cela représente des livraisons plus rapides et des pertes réduites. Pour les consommateurs, l’amélioration du réseau routier pourrait contribuer à une meilleure disponibilité des produits sur les marchés.
Les producteurs agricoles de la région, connus pour la culture de la pomme de terre, de l’oignon, du fonio ainsi que pour les activités d’élevage, devraient également bénéficier d’un accès plus rapide aux grands centres de commercialisation, avec des perspectives d’amélioration de leurs revenus.
Un impact attendu sur les services publics
Au-delà des retombées économiques, cette route pourrait améliorer l’accès aux services essentiels. Les déplacements vers les centres de santé, les établissements scolaires ou les administrations devraient devenir plus rapides et plus sûrs pour les habitants de plusieurs préfectures du Fouta.
Pour de nombreuses familles, la réduction des distances en temps de parcours pourrait avoir un impact direct sur les conditions de vie.
Des précisions encore attendues
Si le financement constitue une avancée importante, plusieurs éléments restent à préciser.
À ce stade, l’identité du bailleur de fonds n’a pas encore été officiellement communiquée. Les autorités n’ont pas non plus dévoilé le calendrier de lancement des travaux ni la durée prévisionnelle du chantier.
La procédure de sélection de l’entreprise qui réalisera les travaux demeure également inconnue. Enfin, les modalités exactes du financement — prêt concessionnel, don ou financement mixte — n’ont pas encore été rendues publiques, alors qu’elles détermineront le coût réel du projet pour les finances publiques.
LeCri24 a sollicité le ministère des Infrastructures afin d’obtenir davantage d’informations sur ces différents aspects.
Un projet dans une dynamique d’investissements
Cette annonce intervient dans un contexte marqué par une accélération des investissements publics en Guinée. Selon les prévisions du Fonds monétaire international (FMI), le pays devrait enregistrer en 2026 une croissance économique de 8,7 %, l’une des plus élevées d’Afrique de l’Ouest.
Parallèlement, plusieurs autres projets structurants sont en préparation, notamment l’aménagement en 2×2 voies de la corniche nord de Conakry, entre Hamdallaye et Sonfonia.
Comme pour l’ensemble des grands projets d’infrastructures, le principal défi restera désormais celui de la mise en œuvre effective. Au-delà des annonces, les populations attendent le démarrage des travaux et leur réalisation dans les délais annoncés.
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