Depuis plus de trois semaines, deux ressortissants guinéens restent portés disparus après avoir été interpellés au Mali dans un contexte sécuritaire tendu. Une situation qui plonge leurs familles dans l’inquiétude et met en lumière les risques auxquels sont exposés les commerçants transfrontaliers à l’approche de la Tabaski.
Tout commence le 25 avril 2026, lorsque Ousmane Baldé et Mamadou Nabika Bah quittent Bamako pour se rendre à Kati, une localité connue pour son marché hebdomadaire de bétail. Les deux hommes, installés à Conakry, effectuent ce déplacement comme chaque année afin de s’approvisionner en bétail destiné au marché guinéen de la fête de Tabaski.
Mais à leur arrivée à l’entrée de Kati, la situation bascule. Dans un contexte marqué par des opérations militaires consécutives à des attaques armées dans plusieurs zones du pays, les deux commerçants sont interceptés par des éléments des forces de sécurité maliennes. Selon les premières informations relayées par les autorités consulaires, ils auraient été conduits dans une installation militaire pour des vérifications.
Depuis, plus aucune nouvelle directe n’a été obtenue. Vingt-trois jours de silence total.
Des familles sans réponses malgré les démarches diplomatiques
À Conakry, l’inquiétude ne cesse de grandir. Fatoumata Baldé affirme avoir contacté à plusieurs reprises l’ambassade de Guinée à Bamako pour tenter d’obtenir des informations sur son mari.
Du côté des autorités, le dossier est suivi, mais les réponses restent limitées. Mamadou Saitiou Barry a reconnu que les deux hommes se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment, évoquant un contexte sécuritaire particulièrement instable lors de leur interpellation. Les autorités consulaires indiquent que des démarches sont en cours auprès des services maliens compétents.
Malgré ces assurances, aucune confirmation officielle sur leur localisation actuelle n’a été communiquée à ce jour.
Un impact direct sur le marché du bétail en Guinée
Au-delà de la dimension humaine, cette disparition a également des répercussions économiques. À l’approche de la Tabaski, le commerce du bétail dépend fortement des circuits d’approvisionnement reliant la Guinée au Mali.
Selon les acteurs du secteur, les arrivées de bétail ont fortement chuté cette année, entraînant une hausse progressive des prix sur les marchés de Conakry. Les vendeurs alertent déjà sur une rareté des animaux et une pression accrue sur les ménages à quelques semaines de la fête.
Une attente lourde et des interrogations persistantes
Pour les familles, l’attente devient insoutenable. Elles réclament avant tout une chose simple : être fixées sur le sort de leurs proches, savoir s’ils sont en vie et comprendre les raisons exactes de leur détention.
Cette affaire soulève également des interrogations sur la protection des ressortissants guinéens à l’étranger, notamment dans des zones sensibles où les opérations sécuritaires sont fréquentes et parfois imprévisibles.
Alors que la Tabaski approche, le silence autour du sort des deux commerçants continue d’alimenter l’inquiétude et l’indignation.
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