À moins d’un mois des élections prévues le 31 mai, une nouvelle polémique électorale vient secouer le paysage politique guinéen. La coalition Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) accuse plusieurs formations politiques d’utiliser frauduleusement son identité visuelle pour séduire les électeurs sur le terrain.
Dans plusieurs quartiers de Conakry, notamment à Ratoma, des affiches portant le sigle GMD auraient été collées par des partis que la coalition affirme ne pas reconnaître comme alliés officiels. Une situation qui, selon le mouvement, risque de créer une confusion majeure chez les électeurs à quelques jours du scrutin.
Dans un communiqué transmis ce jeudi 7 mai à la Haute Autorité de la Communication (HAC), la Coordination nationale du GMD dénonce « l’utilisation non autorisée » de son nom, de ses logos, de ses slogans et de ses couleurs de campagne. La coalition affirme que certains partis exploiteraient volontairement cette identité politique afin de bénéficier de sa notoriété auprès des citoyens.
La réaction de la HAC n’a pas tardé. L’instance de régulation des médias et de la communication a exigé l’arrêt immédiat de toute utilisation abusive des symboles du GMD. Elle rappelle que seuls les partis et candidats officiellement mandatés par la Coordination nationale sont habilités à utiliser les attributs de la coalition dans le cadre de la campagne électorale.
La HAC a également lancé un avertissement aux médias publics et privés. L’institution demande aux journalistes et organes de presse de vérifier systématiquement l’authenticité des documents, affiches et contenus liés au GMD avant toute diffusion ou publication.
Mais plusieurs zones d’ombre persistent dans ce dossier sensible.
Ni le communiqué du GMD, ni celui de la HAC ne précisent combien de partis sont concernés par cette accusation, ni dans quelles préfectures les affiches incriminées ont été identifiées. Autre interrogation majeure : certaines candidatures auraient-elles déjà été validées sous l’étiquette GMD sans autorisation officielle de la coalition ?
Cette question pourrait avoir des conséquences importantes sur la sincérité du vote. Car pour de nombreux électeurs, le choix d’une liste repose souvent sur un sigle ou une appartenance politique visible sur les affiches et tracts de campagne. Si une liste se présente comme affiliée au GMD sans l’être réellement, le risque de tromperie politique devient réel bien avant le jour du scrutin.
Deux interrogations dominent désormais le débat :
- La Direction générale des élections (DGE) a-t-elle procédé à des vérifications avant la validation des candidatures présentées sous bannière GMD ?
- Quelles sanctions seront appliquées aux partis qui continueraient d’utiliser illégalement les symboles de la coalition malgré la décision de la HAC ?
Contactées par LeCri24, la Coordination nationale du GMD ainsi que la DGE n’avaient pas encore réagi au moment de la publication de cet article.
Dans les rues de plusieurs communes de la capitale, cette affaire alimente déjà les discussions entre électeurs, militants et observateurs politiques, alors que la campagne entre dans une phase décisive.
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