À moins d’un mois des élections législatives prévues le 31 mai en Guinée, le climat politique peine encore à mobiliser les citoyens. Malgré l’ouverture officielle de la campagne électorale depuis plusieurs jours, l’effervescence attendue n’est toujours pas visible sur le terrain. C’est le constat dressé par Ibrahima Balaya Diallo, qui s’est exprimé ce mardi 6 mai dans une interview accordée à Guinée360.
Pour le porte-parole du Forum des forces sociales de Guinée (FFSG), les signes classiques d’une campagne électorale existent bien : affiches, meetings politiques et déclarations publiques. Pourtant, selon lui, la population reste encore distante face à ce rendez-vous politique majeur.
« La campagne, je crois que ça marche au diesel. On ne sent pas encore cet engouement », a-t-il déclaré.
Dans plusieurs quartiers de Conakry comme dans d’autres villes du pays, beaucoup d’observateurs partagent ce sentiment d’une campagne qui peine à créer une véritable dynamique populaire.
Mais au-delà du faible enthousiasme constaté, Ibrahima Balaya Diallo soulève surtout une question politique plus profonde : celle de la composition future de l’Assemblée nationale.
Selon lui, plus du tiers des anciens membres du Conseil national de la transition (CNT), organe législatif mis en place après le changement de régime de septembre 2021, auraient rejoint des partis politiques engagés dans les élections actuelles, principalement des formations proches de la mouvance soutenant la transition.
« Plus du tiers de ceux qui siégeaient au CNT se sont recyclés dans les partis politiques », affirme-t-il.
Pour le FFSG, cette situation pourrait poser un problème d’équilibre institutionnel si ces anciens conseillers obtenaient demain des sièges à l’Assemblée nationale. L’inquiétude porte notamment sur l’indépendance future du parlement vis-à-vis du pouvoir exécutif.
L’organisation de la société civile redoute l’émergence d’une Assemblée qui fonctionnerait davantage comme une chambre d’enregistrement que comme un véritable contre-pouvoir capable de contrôler l’action gouvernementale.
Cependant, deux lectures opposées émergent autour de cette réalité politique.
Pour certains analystes, l’intégration d’anciens membres du CNT dans des partis politiques peut être considérée comme une évolution normale d’une transition vers un système démocratique classique. Ces acteurs disposent déjà d’une expérience institutionnelle et pourraient contribuer au fonctionnement du futur parlement.
D’autres, en revanche, estiment que leur proximité avec les autorités de transition pourrait limiter leur indépendance politique une fois élus.
Dans ce contexte, plusieurs acteurs de la société civile appellent à la mise en place d’un parlement réellement autonome, capable de voter librement les lois, contrôler les dépenses publiques, interroger les ministres et défendre les préoccupations des citoyens.
Le taux de participation, le renouvellement des élus ainsi que la composition réelle des futures listes parlementaires seront particulièrement observés après le scrutin du 31 mai.
À vingt-quatre jours du vote, une question reste posée : la campagne électorale réussira-t-elle à convaincre les Guinéens de se mobiliser massivement ?
💬 Dans votre quartier ou votre commune, sentez-vous une véritable mobilisation autour des élections législatives du 31 mai ?
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