CONAKRY — À moins d’un mois des élections législatives du 31 mai 2026, une question essentielle reste sans réponse claire : la loi imposant un minimum de 30% de femmes sur les listes électorales est-elle réellement respectée ?
Le cas de Fatoumata Binta Diallo, candidate basée à Lyon pour représenter la diaspora guinéenne en Europe, illustre une dynamique nouvelle. Celle de femmes engagées, y compris depuis l’étranger, qui veulent peser dans le débat politique national. Mais derrière cet engagement, un enjeu plus large se dessine : la place réelle des femmes dans ces élections.
📜 Une obligation légale claire
Le Code électoral guinéen ne laisse pourtant aucune ambiguïté. Il impose aux partis politiques :
- Un minimum de 30% de femmes sur chaque liste de candidats
- Une alternance obligatoire entre hommes et femmes dans l’ordre des noms
Cette règle vise à éviter les listes symboliques où les femmes seraient reléguées en bas, sans réelle chance d’être élues. Elle garantit, en théorie, une représentation plus équitable.
Avec cette disposition, la Guinée s’aligne sur plusieurs pays africains ayant adopté des mécanismes similaires pour promouvoir la participation féminine en politique.
📊 Un chiffre introuvable
Mais une interrogation majeure demeure : ces règles sont-elles effectivement appliquées ?
La Direction Générale des Élections (DGE) a validé de nombreuses listes pour les scrutins à venir. Toutefois :
- Aucun chiffre officiel n’a été publié sur la proportion réelle de femmes candidates
- Aucune communication claire sur d’éventuels rejets de listes non conformes
- Aucun bilan global du respect de l’alternance imposée
À ce jour, aucune donnée publique ne permet de vérifier si la loi est respectée dans les faits.
LeCri24 a sollicité la DGE pour obtenir ces informations. Aucune réponse n’a été communiquée pour l’instant.
👩💼 Des femmes déjà sur le terrain
Pendant ce temps, sur l’ensemble du territoire — de Conakry à Labé, en passant par Kindia — des femmes mènent campagne. Elles s’organisent, mobilisent leurs électeurs, financent leurs activités et s’imposent dans un environnement politique souvent dominé par les hommes.
La diaspora n’est pas en reste. Des profils comme celui de Fatoumata Binta Diallo témoignent d’une volonté croissante des Guinéennes de participer activement à la vie politique, même à distance.
Ces candidates ne réclament pas de traitement particulier. Elles demandent simplement que la loi soit respectée.
❗ Entre texte et réalité
L’enjeu dépasse les élections du 31 mai. Il touche à la crédibilité des institutions et à la confiance dans le processus démocratique.
- Une loi non appliquée affaiblit l’État de droit
- Une absence de transparence nourrit la méfiance
- Une sous-représentation féminine freine l’équilibre politique
La Guinée a franchi une étape en inscrivant ce quota dans sa législation. Reste maintenant à prouver qu’il ne s’agit pas d’un simple principe sur le papier.
⏳ Une attente forte
À quelques semaines du scrutin, les regards se tournent vers la DGE et les autorités compétentes. La publication des données sur la composition des listes pourrait clarifier la situation et renforcer la transparence.
En attendant, une certitude s’impose : les femmes guinéennes sont déjà engagées dans la course. Et elles comptent bien y rester.
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