Pendant que la cérémonie officielle se tenait ce matin à la Maison de la Presse, une autre voix s’est élevée — celle du syndicat.
Le Syndicat des Professionnels de la Presse de Guinée (SPPG) a publié ce 3 mai une déclaration qui ne prend pas de gants. Sous le thème « Le journalisme face aux défis de la liberté et de l’indépendance », le syndicat dresse un tableau en trois parties. Première crise : la précarité économique. Faibles salaires, absence de contrats de travail formels, pas de couverture sociale dans plusieurs entreprises de presse guinéennes. Deuxième crise : l’insécurité judiciaire et physique. Le SPPG cite des menaces, des agressions, des convocations abusives, des enlèvements visant des journalistes. Troisième crise : le musellement — technique et administratif.
Ce que le rapport RSF décrit en chiffres, le SPPG le décrit en visages. Ce sont des journalistes guinéens qui parlent de leur propre quotidien, sans filtre de traduction internationale.
De son côté, Cellou Dalein Diallo, figure de l’opposition dont le parti a été dissous, a lui aussi pris la parole ce 3 mai pour alerter sur ce qu’il qualifie de « dégradation préoccupante » de la liberté de la presse en Guinée. Sa voix s’ajoute à celles du SPPG et de RSF — trois registres différents, un même constat.
Le bilan des 72 heures
Un dernier fait mérite d’être consigné avant de clore cette journée du 3 mai. En l’espace de soixante-douze heures — du jeudi 30 avril au samedi 2 mai — la HAC a réhabilité quatre entités suspendues : les chaînes Africa24, Kaback TV, l’émission Guinée Today sur Télé24, et Evasion TV retirée du bouquet Canal+. Trois journalistes ont également retrouvé le droit d’exercer.
C’est un mouvement réel. Il est documenté. Il compte.
Mais trois chaînes restent suspendues : FIM, Espace et Djoma. Leurs équipes travaillent dans l’incertitude. Le 3 mai 2026 se termine donc avec un bilan en demi-teinte : une presse qui fête sa liberté, un syndicat qui documente sa précarité, un classement RSF qui dit que la situation se détériore, et une HAC qui a fait un geste — partiel.
Les « grandes annonces » qu’espérait Mamadou Dian Baldé ce matin ? LeCri24 n’en a pas encore trouvé trace dans les communiqués officiels de la journée. Si elles ont eu lieu, ce dossier sera mis à jour.
💬 Journaliste, lecteur, citoyen — qu’attendez-vous concrètement du gouvernement guinéen pour la presse ? Une seule mesure. Dites-la en commentaire.
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