La tension monte à l’approche de l’élection présidentielle prévue le 28 décembre 2025. En déplacement à Siguiri, Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, a déclenché une vive controverse en qualifiant les huit autres candidats à la présidentielle de « porteurs de bagages du général Mamadi Doumbouya ».
Des propos jugés provocateurs et méprisants par une partie de la classe politique, notamment au sein du FRONDEG, formation qui soutient la candidature de Abdoulaye Yéro Baldé.
Une sortie ministérielle vivement contestée
La réplique du FRONDEG n’a pas tardé. Pour Joseph Maxime Bilivogui, directeur adjoint de campagne du parti, ces déclarations trahissent un manque de hauteur républicaine. Selon lui, dénigrer les adversaires politiques au lieu de proposer un projet clair relève d’une posture contraire aux principes démocratiques.
« Les candidats ne transportent pas des bagages, ils portent des idées, une vision et l’espoir d’un changement crédible », martèle-t-il, rejetant toute tentative de minimisation des autres prétendants à la magistrature suprême.
Une stratégie assumée : éviter la surenchère verbale
Le responsable de campagne souligne que le FRONDEG a fait le choix de la retenue. Pas question, selon lui, de répondre à l’invective par l’invective. Le parti entend privilégier une campagne axée sur l’écoute des citoyens, le respect du pluralisme et le dialogue démocratique.
« Nous préférons parler au peuple, construire une alternative sérieuse et mener une campagne digne, respectueuse de tous les acteurs politiques », insiste-t-il.
Confiance affichée autour de la dynamique électorale
Sur le terrain, le camp d’Abdoulaye Yéro Baldé se dit confiant. Joseph Maxime Bilivogui estime que la mobilisation populaire observée ces dernières semaines démontre que l’adhésion des citoyens ne s’achète pas et que les équilibres politiques présentés comme verrouillés ne le sont pas tant que cela.
Pour lui, le candidat du FRONDEG est en train de surprendre, en déjouant les pronostics et en s’imposant progressivement comme une alternative crédible dans le paysage politique guinéen.
Un rappel ferme des principes démocratiques
Dans un ton sans concession, le responsable de campagne a tenu à rappeler au chef de la diplomatie guinéenne que la démocratie ne saurait être assimilée à une faveur accordée par le pouvoir. « La Guinée n’est pas une zone de transit politique et le choix des dirigeants appartient exclusivement au peuple », affirme-t-il, appelant les électeurs à faire preuve de discernement le jour du scrutin.
À mesure que la présidentielle approche, ces échanges musclés illustrent un climat politique de plus en plus polarisé, où chaque camp tente d’imposer son récit et de consolider ses bases électorales.
✍️ LeCri24
— LeCri24 | 628 58 42 03
