Le rapt en plein jour du journaliste Sanassy Keïta, ce jeudi à Lambanyi, ravive les inquiétudes dans un climat politique déjà lourd. Une opération rapide, organisée et inquiétante, qui renforce le sentiment d’instabilité.
Un enlèvement qui secoue Conakry
Le journaliste Sanassy Keïta, ancien cadre du bureau de presse présidentiel sous Alpha Condé, a été enlevé ce jeudi à Lambanyi par des hommes masqués. Selon plusieurs témoins, plusieurs véhicules aux vitres teintées ont encerclé la zone avant que des individus armés n’interpellent Keïta et ne confisquent les téléphones de ceux présents sur les lieux.
Cette opération minutieuse, menée en plein jour, laisse penser à une intervention préparée par des acteurs bénéficiant d’un sentiment d’impunité. Des témoins parlent d’une scène « exécutée en quelques minutes », laissant les riverains sous le choc.
Un événement qui s’inscrit dans une série d’interpellations
Ce rapt ne semble pas isolé. Depuis plusieurs semaines, la Guinée enregistre une multiplication d’interpellations visant des proches de l’ancien président Alpha Condé. Dans ce contexte, l’enlèvement de Sanassy Keïta apparaît comme un maillon supplémentaire dans une stratégie de resserrement politique.
Le journaliste, soupçonné de garder des liens avec l’ancien chef de l’État, serait devenu une cible potentielle dans une période où la junte cherche à contrôler tous les espaces d’influence. Cette dynamique accentue les craintes d’une dérive sécuritaire.
Un climat politique de plus en plus sombre
Les disparitions forcées, arrestations et opérations musclées se multiplient, nourrissant un climat de peur au sein de la population. L’affaire Sanassy Keïta soulève une question cruciale : jusqu’où ira ce bras de fer politique ?
À l’heure où la transition militaire promettait apaisement et réformes, ces incidents rappellent que la crise demeure profonde. Les droits fondamentaux deviennent de plus en plus vulnérables, relégués au second plan dans une course au contrôle politique.
Quelles suites ?
L’enlèvement de Sanassy Keïta pourrait relancer les appels à plus de transparence et de respect des libertés publiques. Pour de nombreux observateurs, il s’agit d’un signal d’alarme qui doit pousser les autorités à clarifier leur ligne de conduite et à rassurer une population inquiète.
La Guinée espère toujours une transition apaisée. Mais chaque événement comme celui-ci alourdit un peu plus l’atmosphère et démontre que la stabilité politique reste fragile.
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