CONAKRY – Le paysage médiatique guinéen vient de connaître un coup de tonnerre. Ce jeudi 23 avril 2026, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a tranché : l’émission phare de la chaîne privée « Télé 24 » disparaît des écrans pour une durée de trois mois. Une décision qui laisse un vide pour ses fidèles auditeurs, mais qui rappelle la lourde responsabilité de ceux qui tiennent le micro en période électorale.
Quand le micro s’égare : Les raisons de la colère
Tout s’est joué en quelques jours. Alors que la Guinée se prépare pour les scrutins du 31 mai, la neutralité des médias est scrutée comme jamais. Le mardi 21 avril, une première alerte est donnée suite à la diffusion d’un reportage amateur jugé trop favorable à un candidat. Malgré les excuses de la chaîne, l’histoire s’est répétée le jeudi suivant lors de l’émission « Guinée Today ».
Les journalistes Sékou BAH et Aboubacar DIALLO se sont retrouvés au cœur de la tempête, accusés d’avoir rompu l’équilibre de l’information en faveur d’un candidat de Kollet (Tougué). Pour la HAC, ce n’était plus une simple maladresse, mais une récidive inacceptable avant même l’ouverture officielle de la campagne.
Une punition exemplaire et un studio vide
La sentence est tombée, immédiate et sévère :
- Trois mois de suspension pour l’émission « Guinée Today ».
- Un retrait forcé des ondes pour Aboubacar DIALLO et Sékou BAH jusqu’en juillet prochain.
Cette mesure de fermeté, signée par Boubacar Yacine Diallo, prive la chaîne de l’un de ses rendez-vous les plus suivis au moment où le débat public est le plus intense.
L’analyse de LeCri24
Au-delà de la sanction, cet événement nous interroge tous. Un journaliste n’est pas un supporter ; il est le garant d’un terrain de jeu équitable pour tous les citoyens. Voir des confrères s’éloigner des studios pour une telle période est toujours un moment difficile pour la profession. Pour la rédaction de LeCri24, cette épreuve doit servir de leçon : la liberté d’informer est un trésor qui se protège par la rigueur et l’impartialité. Aujourd’hui, c’est le rappel brutal que dans le journalisme, chaque mot compte et chaque erreur se paie.
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