Une nouvelle rupture de carburant frappe Conakry et plusieurs villes de l’intérieur. Files d’attente interminables, transports perturbés, activités paralysées… tandis que la SONAP garde, encore une fois, un silence total.
Un quotidien brutalement bouleversé
Depuis ce week-end, les stations-service sont prises d’assaut. Dans plusieurs quartiers de Conakry — notamment Matoto, Sonfonia, Kipé, Taouyah et Bonfi — les automobilistes patientent pendant des heures, parfois sans obtenir la moindre goutte de carburant.
À l’intérieur du pays, la situation n’est pas meilleure : Labé, Kindia, Mamou ou encore Kankan signalent des ruptures partielles ou totales.
Les transports urbains, eux, tournent au ralenti. De nombreux travailleurs n’ont pas pu rejoindre leur lieu de travail, faute de taxis ou de motos disponibles. Les prix du transport ont commencé à grimper dès les premières heures de pénurie :
- Courses multipliées par deux ou trois ;
- Attente prolongée dans les points de taxi ;
- Étudiants et travailleurs obligés de marcher plusieurs kilomètres.
La SONAP muette, l’incompréhension grandit
Comme lors des précédentes crises — survenues presque tous les deux mois — la Société nationale des pétroles (SONAP) n’a publié aucune note officielle.
Aucune explication sur les causes.
Aucune indication sur les délais de réapprovisionnement.
Cette absence de communication crée un climat d’incertitude et alimente les spéculations : problèmes logistiques ? Navire retardé ? Tensions financières ? Dysfonctionnements internes ?
Pendant ce temps, plusieurs cadres de la SONAP continuent d’affirmer qu’il n’y a “pas de pénurie”, alors même que les stations ferment, rationnent ou refusent de servir.
Des usagers exaspérés : “On ne peut même plus aller travailler”
Partout, la frustration monte.
« On se réveille toujours avec la même histoire. Comment peut-on travailler sans carburant ? », se plaint Mariama, vendeuse à Madina.
« Ce silence des autorités est un manque de respect pour la population », renchérit Alpha, taximan à Kipé.
Les commerçants, chauffeurs, travailleurs journaliers et même les services publics subissent déjà un ralentissement grave.
Les activités économiques, particulièrement celles dépendant du transport, pourraient enregistrer des pertes importantes si la crise se prolonge.
Une crise devenue cyclique
Depuis plus d’un an, les épisodes de pénurie se répètent à un rythme inquiétant. À chaque fois, les mêmes conséquences :
- hausse du prix du transport,
- spéculations sur les carburants stockés et vendus au marché noir,
- ralentissement de l’activité économique,
- colère sociale.
Et toujours, la même absence de communication préalable ou d’explication détaillée.
Quelles perspectives ?
Les citoyens attendent une prise de parole officielle de la SONAP ou du ministère concerné. Une clarification est essentielle pour calmer les tensions et anticiper l’évolution de la situation.
En attendant, Conakry retient son souffle et les usagers espèrent un retour rapide à la normale — ou, mieux encore, une solution durable à ces pénuries récurrentes.
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