Moins de deux jours après la disparition de quatre membres de sa famille, l’artiste et activiste Elie Kamano est sorti de son silence, accusant directement les plus hautes autorités de la transition d’être impliquées dans l’enlèvement.
Une disparition qui secoue l’opinion
Dimanche, deux enfants d’Elie Kamano, son frère et son neveu auraient été enlevés par ce qu’il qualifie de « commando du CNRD », avec pour objectif, selon lui, de le réduire au silence. L’affaire a pris une ampleur nationale, tant l’activiste est connu pour ses critiques acerbes envers la junte au pouvoir.
« Ce matin, je reprends la parole pour m’adresser à Mamadi Doumbouya, Balla Samoura, Djiba Diakité, Amara Camara, Idi Amine, Ousmane Gaoual, Bah Oury, Dansa Kourouma, Moussa Moïse, Aminata Diallo, Bachir Diallo, Ibrahima Sory Bangoura et Abdoulaye Keita (Commando fakhai). J’espère que vos enfants, dispersés à l’étranger et entretenus grâce à l’argent du contribuable, ont passé une nuit paisible », a déclaré l’activiste dans un message particulièrement virulent.
Des accusations graves visant les autorités
Pour Elie Kamano, il ne fait aucun doute que le haut commandant de la gendarmerie et directeur de la justice militaire, le général Balla Samoura, ainsi que le président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, sont impliqués dans ces actes.
Il affirme que ses enfants et ses proches seraient actuellement « traumatisés dans les geôles de Balla Samoura », dénonçant au passage « le silence complice » du chef de la transition.
Dans sa prise de parole, l’artiste reconnaît que ses proches n’ont “aucun lien avec ses convictions idéologiques ni avec ses prises de position politiques”, et juge inacceptable que des “pères de famille” puissent cautionner de telles méthodes.
Un discours mêlant indignation et avertissements
Très affecté, Elie Kamano met en garde les responsables du pays sur les conséquences futures de ces agissements. Selon lui, ces dirigeants “font semblant de protéger leurs enfants tout en les exposant à une future vendetta”.
Il rappelle qu’il n’a jamais pris pour cible les familles de ses opposants politiques, affirmant que sa lutte reste strictement idéologique : « Le monde vous observe. La Guinée vous regarde. Vos enfants et vos épouses vous regardent, car elles savent ce que représente un enfant. »
Malgré l’épreuve, il se dit déterminé à poursuivre son combat citoyen :
« Mes enfants comptent énormément pour moi, mais la patrie passe avant tout. Je ne renoncerai pas. Il faut que ce soit clair. »
Et maintenant ?
Aucune réaction officielle n’a encore été communiquée par les autorités citées dans cette affaire. Les proches de l’artiste, eux, continuent de réclamer la libération immédiate des disparus et appellent à une mobilisation citoyenne.
LeCri24 continuera de suivre de près cette situation et d’informer sur tout nouveau développement.
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