Dans une sortie très critique, le leader de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, accuse le CNRD de plonger la Guinée dans une crise financière inédite, marquée par des dettes colossales, des détournements et une mauvaise gestion des ressources publiques.
Un système économique « bloqué » selon l’UFDG
Lors de son intervention, l’ancien Premier ministre a pointé du doigt ce qu’il qualifie de dérive économique grave. À l’en croire, plusieurs entreprises et institutions publiques sont aujourd’hui incapables d’exécuter leurs obligations financières.
« L’ARPT devait verser 108 milliards de francs guinéens au budget 2025. À ce jour, elle n’a rien payé. EDG, quant à elle, accuse une dette de près de 1,3 milliard de dollars envers les sociétés gestionnaires des barrages de Kaléta et Souapiti », a dénoncé Cellou Dalein Diallo.
Il estime que ces manquements traduisent un dysfonctionnement profond :
« Tout le système est bloqué. Les créances sont détenues par une entreprise publique incapable de payer. »
Détournements, clientélisme et opacité financière
L’opposant affirme que les ressources publiques ne servent plus l’État, mais une minorité :
« Les entreprises publiques sont devenues des caisses noires au service d’un enrichissement personnel et du clientélisme politique. »
D’après lui, l’utilisation actuelle des fonds se décompose en trois axes :
- l’enrichissement d’une élite devenue influente dans l’immobilier de la sous-région ;
- l’achat d’armes destiné au maintien du pouvoir militaire ;
- la captation des leaders d’opinion via des financements occultes.
Des milliards introuvables : “Où est passé l’argent du pays ?”
Cellou Dalein rappelle que la Guinée regorge de richesses naturelles générant d’énormes revenus.
Selon lui, entre 2017 et fin 2024, l’exportation de la bauxite a rapporté 40 milliards de dollars, tandis que l’or a généré 12 milliards de dollars.
« Où est passé cet argent ? Qu’a réellement perçu l’État alors que nous exportons tout brut, sans transformation et sans chaîne de valeur ? », s’interroge-t-il, dénonçant un modèle extractif qui appauvrit durablement le pays.
Des infrastructures héritées et revendiquées
L’ancien Premier ministre accuse également les autorités actuelles de s’attribuer des réalisations dont elles ne sont pas à l’origine.
« Lorsque les chantiers lancés sous Alpha Condé arrivent à leur terme, ils s’en félicitent comme si tout venait d’eux. Mais lorsque c’est un petit projet qui sort, personne ne voit où sont passées les ressources accumulées durant toute cette période », critique-t-il.
Un discours qui relance le bras de fer politique
Cette déclaration intervient alors que les tensions politiques restent vives à l’approche des échéances électorales. Pour de nombreux observateurs, la sortie de Cellou Dalein Diallo pourrait raviver le débat sur la gouvernance économique et la transparence publique.
Les partisans de l’UFDG saluent un « discours de vérité », tandis que les proches du pouvoir, eux, pourraient dénoncer une manœuvre politique.
Une chose est sûre : les questions soulevées sur la gestion des milliards issus des mines guinéennes continueront d’alimenter les débats dans les jours à venir.
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