Le réveil fut brutal ce jeudi 21 août à Manéah, dans la préfecture de Coyah. Dans la nuit, une partie du flanc de la montagne s’est effondrée, provoquant un glissement de terrain d’une rare violence. La coulée de boue a englouti plusieurs habitations, laissant derrière elle un paysage de ruines et de désolation.
Un lourd bilan humain
Selon les autorités, neuf corps ont déjà été retrouvés sous les décombres. Plusieurs habitants, blessés ou piégés, ont toutefois pu être secourus grâce à la mobilisation des équipes de la protection civile, du génie militaire et de nombreux volontaires. Parmi eux, deux enfants, dont les appels à l’aide filmés dans la nuit ont bouleversé les réseaux sociaux, ont été extraits vivants et sont actuellement pris en charge à l’hôpital préfectoral de Coyah.
« Nous avons pu sauver plusieurs personnes grâce à l’intervention rapide des services de secours. Neuf survivants ont été conduits d’urgence à l’hôpital », a confirmé le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Mory Condé, qui s’est rendu sur les lieux dès l’aube.
Les causes du drame
Ce drame trouve son origine dans la forte pluviométrie de ces derniers jours. Saturée d’eau, une partie de la montagne s’est détachée et a enseveli les habitations construites en contrebas. Ces constructions, souvent précaires, témoignent des dangers liés à l’urbanisation sauvage et au non-respect des normes de sécurité.
« Il est temps de mettre fin à l’occupation anarchique des zones à risque. J’en appelle aux citoyens, mais aussi aux autorités locales, à plus de vigilance », a martelé le ministre, promettant que des mesures seront prises pour éviter la répétition de telles tragédies.
L’urgence des réformes
Ce drame vient rappeler la fragilité de nombreuses zones habitées en Guinée. Déjà en juin, un comité interministériel avait été mis en place pour cartographier les zones vulnérables aux inondations et aux glissements de terrain. Mais les événements de Coyah rappellent l’urgence d’accélérer ces actions et d’imposer des règles strictes d’aménagement urbain.
Entre douleur et espoir
À Manéah, les recherches se poursuivent dans une atmosphère lourde. Les familles endeuillées pleurent leurs proches, tandis que d’autres espèrent encore un miracle sous les gravats. Les autorités, elles, assurent que tous les moyens disponibles seront mobilisés jusqu’au dernier instant.
Cette tragédie, qui endeuille Coyah, interroge une fois de plus la capacité du pays à anticiper et prévenir les catastrophes naturelles, dans un contexte où les aléas climatiques s’intensifient.
LECRI24
