Conakry, 02 mai 2025 – La Guinée dégringole de 25 places dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025 publié par Reporters sans frontières (RSF), pour atterrir à la 103e position sur 180 pays. Un signal d’alarme pour les défenseurs des droits fondamentaux, dans un contexte où l’espace médiatique guinéen est de plus en plus restreint.
Cette chute brutale intervient alors que le pays traverse une période de tensions politiques, marquée par des restrictions fréquentes d’accès à Internet, l’interdiction de certains médias, et des pressions sur les journalistes indépendants. Le classement, basé sur cinq indicateurs (contexte politique, cadre légal, contexte économique, socioculturel et sécurité), reflète une détérioration généralisée de l’environnement médiatique guinéen.
Une liberté étouffée par les interdits
Les journalistes guinéens doivent désormais composer avec une série de menaces voilées ou ouvertes, des coupures de réseaux sociaux, et une judiciarisation croissante de leurs activités. Plusieurs radios et sites d’information ont été suspendus ces derniers mois, au nom de « la paix sociale » ou de la « sécurité nationale ».
« Ce recul est une gifle à la démocratie. Un pays ne peut pas avancer les yeux bandés », déplore un journaliste d’un média privé sous anonymat.
Silence forcé, démocratie fragilisée
Le recul de la liberté de la presse en Guinée met également en péril la participation citoyenne et la transparence du pouvoir. En empêchant la diffusion d’informations critiques et pluralistes, le pays affaiblit ses institutions et alimente la défiance de la population vis-à-vis des autorités.
Les organisations de défense des droits humains appellent à une réforme immédiate du cadre légal des médias et à la fin de la répression contre les voix indépendantes. Certains professionnels, quant à eux, évoquent déjà un climat d’autocensure devenu la norme.
L’appel à un sursaut
Face à cette dégringolade, les observateurs attendent des gestes forts de la part des autorités de transition, notamment la levée des interdictions injustifiées, la libération des journalistes détenus, et l’ouverture d’un dialogue sincère avec les acteurs du secteur.
Le combat pour une presse libre en Guinée est loin d’être terminé. Mais chaque mot étouffé, chaque voix censurée, éloigne un peu plus le pays de la promesse démocratique faite au peuple.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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