Conakry, 06 février 2026 – La Guinée commémore ce jeudi la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), dans un contexte où cette pratique demeure profondément enracinée malgré les interdictions légales et les campagnes de sensibilisation.
Selon les données des organisations internationales et des acteurs de la santé publique, la prévalence des mutilations génitales féminines reste parmi les plus élevées au monde, touchant une large majorité de femmes et de jeunes filles. Une réalité qui continue de poser un défi majeur en matière de droits humains, de santé et de protection de l’enfance.
Une pratique aux lourdes conséquences sanitaires
Les mutilations génitales féminines entraînent de nombreuses complications : douleurs chroniques, infections, complications lors de l’accouchement, troubles psychologiques et, dans certains cas, des conséquences irréversibles. Les professionnels de santé rappellent que ces pratiques n’ont aucune justification médicale et constituent une violation grave des droits fondamentaux des filles.
Des lois, mais une application encore fragile
La Guinée dispose d’un cadre légal interdisant les MGF. Toutefois, les acteurs de terrain soulignent que l’application effective des sanctions reste limitée, en raison de facteurs socioculturels, du silence communautaire et de la difficulté à dénoncer les auteurs.
À cela s’ajoute un manque de condamnations judiciaires dissuasives, qui contribue à la persistance de la pratique dans certaines localités.
Sensibilisation et changement de mentalités
Les organisations de la société civile, les leaders religieux et communautaires jouent un rôle clé dans la lutte contre les MGF. Les campagnes de sensibilisation insistent de plus en plus sur la protection des filles, la santé maternelle et l’éducation des familles.
Pour de nombreux observateurs, le véritable combat se situe dans le changement durable des mentalités, à travers l’éducation, le dialogue communautaire et l’implication des hommes et des jeunes.
Enjeux de société
La Journée de tolérance zéro rappelle que la lutte contre les mutilations génitales féminines ne peut se limiter à une date symbolique. Elle exige une mobilisation continue, une application rigoureuse de la loi et un engagement collectif pour garantir aux filles guinéennes le droit à la santé, à la dignité et à une vie sans violence.
✍️ Signature : LeCri24
🔢 Numéro d’article : LC24/02/2026/021
