C’est une déclaration lourde de sens qui secoue le monde culturel guinéen. La légende de la musique Fodé Baro, figure emblématique de plusieurs générations, a annoncé son intention de quitter temporairement la Guinée. Un départ motivé par un profond sentiment de déception, d’humiliation et d’injustice.
Dans un témoignage poignant, l’artiste affirme avoir été rabaissé et atteint dans sa dignité, malgré des décennies de contributions majeures à la musique nationale. « J’ai tout donné à la musique guinéenne depuis mon jeune âge, mais aujourd’hui, je suis minimisé et humilié par des comportements indignes de mon rang », confie-t-il avec amertume.
Selon Fodé Baro, certaines accusations portées contre lui dépassent l’entendement. Il dénonce notamment des propos diffamatoires le présentant comme un alcoolique ou un homme réduit à revendre sa propre maison — des affirmations qu’il rejette catégoriquement. « Dans mon propre pays, je ne suis pas aimé. J’ai subi toutes sortes de foutaises ici », regrette-t-il.
L’artiste évoque également une instrumentalisation de son image dans des débats politiques, affirmant avoir été opposé, à tort, au président Mamadi Doumbouya. « Dieu jugera », lâche-t-il, visiblement meurtri. Il contraste cette situation avec l’accueil chaleureux qu’il dit recevoir à l’étranger : « Ailleurs, je suis célébré et accueilli en héros ; chez moi, je rentre comme un simple poulet. »
Après concertation avec sa famille, une décision difficile mais jugée nécessaire a été prise : s’éloigner du pays pour un temps, afin de préserver sa paix intérieure, sa dignité et l’équilibre familial. Fodé Baro rappelle avoir passé trente-six années à l’étranger sans jamais être calomnié, alors qu’en seulement sept ans en Guinée, il affirme avoir été victime de diffamation répétée.
Ce départ annoncé relance le débat sur la place accordée aux figures culturelles en Guinée, la reconnaissance du mérite artistique et le respect dû aux icônes nationales. Pour de nombreux observateurs, la sortie de Fodé Baro sonne comme un cri d’alarme adressé à toute une société.
La balle est désormais dans le camp des autorités culturelles, des acteurs du secteur artistique et de l’opinion publique. Reste à savoir si ce départ temporaire provoquera une prise de conscience collective.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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