Lors d’une conférence de presse tenue vendredi soir et animée en langue nationale, l’Agent judiciaire de l’État a dressé le tableau des actions menées au cours de l’année écoulée. Un exercice de redevabilité au cours duquel Mohamed Sampil, est revenu sur les dossiers majeurs traités par ses services, avec un accent particulier sur la récupération des domaines appartenant à l’État guinéen.
Face aux médias, le magistrat a rappelé le rôle central de l’Agent judiciaire de l’État : défendre les intérêts publics devant les juridictions et veiller à la sauvegarde du patrimoine national. Selon lui, plusieurs combats judiciaires engagés ces derniers mois ont connu une issue favorable et définitive.
Des domaines récupérés sans retour possible
Parmi les affaires emblématiques évoquées figure celle de la Résidence 2000, un dossier longtemps disputé. « La Cour suprême a rendu sa décision le 10 avril 2025. Après une bataille judiciaire éprouvante, ce domaine est définitivement revenu dans le patrimoine de l’État », a affirmé Me Sampil, se voulant catégorique.
Autre victoire mise en avant : la récupération d’un vaste domaine situé au lac de Sonfonia, portant sur une superficie de 125 hectares. La décision judiciaire, selon l’Agent judiciaire, est intervenue le 31 juillet 2025, scellant là encore le retour de ces terres à l’État.
Anciens Premiers ministres : des litiges tranchés
Le bilan présenté inclut également des dossiers sensibles impliquant d’anciens hauts responsables politiques. Concernant la résidence de la Minière attribuée à Sidya Touré, Me Sampil a précisé que la justice s’est prononcée en faveur de l’État le 13 février 2025.
Dans le même registre, il a évoqué le contentieux opposant l’État guinéen à Cellou Dalein Diallo. « La Cour suprême a définitivement tranché ce dossier en février 2025 », a-t-il indiqué, sans entrer dans les détails.
Kaporo et les dossiers économiques : l’État à l’offensive
Une autre procédure a abouti à la récupération de la ferme avicole de Kaporo, après un litige opposant l’État à un opérateur privé, Amadou Oury Diallo. Pour l’Agent judiciaire, cette décision s’inscrit dans une logique de restauration de l’autorité de l’État sur ses biens.
S’agissant des affaires économiques et financières, Me Sampil a fait le point sur les procédures en cours devant la CRIEF. À ce jour, 119 dossiers sont pendants, avec l’État comme partie plaignante dans l’objectif de récupérer des avoirs publics. Sept affaires ont déjà été jugées en première instance, tandis que neuf autres sont actuellement examinées en appel.
Des montants significatifs recouvrés
Sur le plan financier, l’Agent judiciaire de l’État s’est félicité des sommes récupérées auprès de structures de l’administration publique. Le total annoncé s’élève à 12 790 366 787 francs guinéens, auxquels s’ajoutent 1 109 292,08 euros et 239 474,03 dollars américains.
À travers cette sortie médiatique, Me Mohamed Sampil entend envoyer un message clair : la récupération des biens publics n’est plus un slogan, mais une réalité judiciaire en marche, appelée à se poursuivre dans les mois à venir.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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