Conakry, 12 août 2025 – Le système bancaire guinéen traverse une zone de turbulences inédite. Jeudi dernier, la Banque centrale n’a pu mettre à la disposition des banques primaires que 15 milliards de francs guinéens. Une enveloppe qui s’est volatilisée en l’espace de quelques heures, révélant l’ampleur d’une crise de liquidité qui s’aggrave de jour en jour.
Depuis plusieurs semaines, les établissements financiers peinent à répondre aux besoins de retraits massifs de leurs clients. La raréfaction des dépôts, conjuguée à un ralentissement des flux financiers entrants, a réduit leur capacité à octroyer des crédits ou même à honorer les transactions courantes.
« Nous faisons face à une tension extrême. Les demandes dépassent largement nos disponibilités », confie sous anonymat un cadre bancaire d’une grande institution de la place.
Cette situation met en lumière le rôle crucial de la Banque centrale en tant que prêteur en dernier ressort. Or, sa marge de manœuvre semble aujourd’hui limitée face à la soif de liquidités des banques primaires.
Les conséquences potentielles inquiètent : ralentissement du financement des entreprises, hausse des taux d’intérêt, et surtout, perte de confiance du public. Dans un contexte économique déjà fragile, cette crise pourrait freiner durablement l’activité et accentuer la pression sur le pouvoir d’achat.
Pour plusieurs analystes, seule une intervention plus massive – via des injections de fonds plus importantes et un soutien structurel – pourrait éviter un blocage complet du système. Des réformes visant à renforcer la résilience du secteur bancaire sont également sur la table, mais elles demanderaient du temps.
En attendant, les acteurs économiques et la population retiennent leur souffle, guettant les prochaines annonces de la Banque centrale.
LECRI24
