Bloqués depuis trois jours, des centaines de voyageurs vivent un cauchemar sur l’axe Mamou-Dalaba. Entre route effondrée, prix délirants et nuits à la belle étoile, le quotidien vire au calvaire.
Ce qui devait être un simple trajet de quelques heures s’est transformé en une interminable attente sous un soleil accablant. Depuis trois jours, la circulation est totalement interrompue entre Mamou et Dalaba, deux villes charnières de la Moyenne-Guinée. En cause : l’état critique de la route nationale, rongée par les intempéries et les années de négligence.
« On est là depuis dimanche. Les camions sont à l’arrêt, les voitures ne peuvent ni avancer ni reculer. C’est un embouteillage géant de plus de 13 kilomètres », témoigne Issiaga Bah, chauffeur de taxi interurbain, joint par téléphone.
Au-delà de l’immobilisme, c’est la survie qui préoccupe désormais. Dans cette zone enclavée, les denrées alimentaires se font rares. Et quand elles existent, leur prix s’envole de façon irrationnelle. Une simple boîte de sardines, vendue d’ordinaire à 5 000 francs guinéens, atteint désormais les 15 000 GNF.
« On a des enfants dans les voitures, des personnes âgées. Il n’y a plus d’eau potable, plus rien à manger », confie Mariama Diallo, bloquée avec sa famille depuis 72 heures. « Personne ne vient, aucune autorité ne s’est déplacée », déplore-t-elle, la voix tremblante.
Cette situation met en lumière l’ampleur de la dégradation des routes en Guinée, notamment dans les zones montagneuses où les glissements de terrain sont fréquents. Chaque saison des pluies, des axes vitaux deviennent impraticables, avec des conséquences humaines et économiques dramatiques.
Face à l’urgence, les regards se tournent vers les autorités. Combien de temps encore les citoyens devront-ils endurer ce genre de crise avant que des solutions structurelles soient mises en place ? Car au-delà d’une route, c’est un pays qui reste, trop souvent, à l’arrêt.
LECRI24
