Ouagadougou, 13 mai 2025 – Dans une déclaration aussi directe que symbolique, le président de la transition burkinabè, Ibrahim Traoré, a soulevé une question centrale sur la gestion des ressources naturelles du pays.
« Le Burkina Faso n’a jamais eu de réserve d’or avant notre arrivée. C’est nous qui avons commencé à réserver de l’or pour le Trésor burkinabè. Sinon, il n’y aurait pas eu un seul gramme », a-t-il affirmé devant une assemblée attentive.
Ces mots résonnent fort dans un pays dont le sous-sol regorge de richesses minières, mais dont les retombées économiques ont souvent échappé au contrôle de l’État. Depuis son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré a fait de la souveraineté économique et de la maîtrise des ressources naturelles un pilier de son discours.
Dans les rues de Ouagadougou, cette déclaration est accueillie avec un mélange de fierté et de scepticisme. Pour certains citoyens, il s’agit d’une avancée historique, illustrant une volonté réelle de reprendre la main sur les ressources nationales. D’autres y voient un discours politique, dans un contexte où les tensions avec les multinationales minières restent vives.
L’absence de réserves d’or dans les coffres de l’État avant cette transition pose en tout cas des questions lourdes sur la transparence et la gestion passée du secteur aurifère. À ce jour, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur le volume exact d’or actuellement conservé au Trésor.
Ce geste de constituer une réserve nationale pourrait aussi servir de levier stratégique, tant sur le plan économique que diplomatique, dans une région en quête de modèles de gouvernance plus équitables.
✍️ Barry Mamadou Alpha
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