Mardi 27 octobre au soir, des jeunes de Nongo, dans la commune de Lambanyi, sortent dans la rue. Des pneus brûlent, la route est barrée, la circulation est paralysée un temps. Ils protestent contre les coupures d’électricité à répétition. Le courant reviendra quelques heures plus tard, selon plusieurs médias locaux.
Nongo n’est pas un cas isolé. Dans certains quartiers de Ratoma et de Matoto, EDG a elle-même annoncé des coupures en soirée, entre 18 heures et 22 heures. Les délestages à Conakry sont devenus un sujet de tension.
Délestages à Conakry : EDG pointe une ligne surchargée
Côté Électricité de Guinée (EDG), l’explication tient en un mot : surcharge. Dans un communiqué publié samedi 24 octobre, la société publique annonçait des perturbations dans plusieurs quartiers de Ratoma et de Matoto. En cause, selon elle, la ligne haute tension de 60 kilovolts qui relie Matoto à Kipé, trop sollicitée.
Dès le lendemain, un second communiqué annonçait les coupures du soir dans ces deux communes. EDG les présentait comme une mesure de précaution : il s’agissait, selon elle, d’éviter une panne générale du réseau.
Ce que les communiqués ne disent pas, en revanche, c’est combien de temps ces coupures vont durer, ni quels quartiers sont touchés exactement.
L’objectif 2030 face aux soirées sans courant
La colère de Nongo éclate quatre jours seulement après la création d’un nouvel organe chargé de l’électricité. Le 23 octobre, un décret présidentiel lu à la télévision nationale a mis en place un cadre national de suivi du Pacte national de l’énergie. Le Premier ministre le préside. Sa mission : superviser les réformes et les investissements qui doivent garantir l’accès de tous à l’électricité d’ici 2030.
Le dispositif couvre toute la chaîne, de la production à la distribution, en passant par le transport du courant et l’électrification rurale. Il doit aussi aligner le secteur de l’énergie sur le programme Simandou 2040.
Et maintenant ?
Deux questions concrètes restent posées à EDG : quels quartiers seront privés de courant, et pendant combien de temps ? Sans calendrier publié, impossible pour les habitants concernés de savoir à quoi s’attendre d’un soir à l’autre.
— La Rédaction