CONAKRY — Il suffit d’une soirée de pluie. Ce mardi soir, les premières grosses averses de la saison ont suffi à révéler ce que les Conakrykas savent déjà depuis des années : la capitale guinéenne n’est pas prête.
Sur plusieurs artères de la ville — à Sangoyah, Cosa, Bambéto, Wanindara, Matam, Kaloum et dans d’autres quartiers — les eaux de ruissellement ont charrié des quantités importantes d’ordures vers les chaussées. Les caniveaux, saturés ou obstrués, ont débordé. La boue s’est mêlée aux déchets. Et les rues, le temps de quelques heures de pluie, sont redevenues ce qu’elles deviennent à chaque hivernage : des couloirs d’eau sale où la circulation et la marche à pied deviennent difficiles.
Un problème ancien, un cycle qui se répète
Ce n’est pas un événement exceptionnel. C’est un cycle.
Chaque année, à l’approche de la saison des pluies — qui démarre généralement entre avril et mai en Guinée — Conakry connaît les mêmes scènes. Les ordures s’accumulent en bordure de route faute de collecte régulière. Les caniveaux se bouchent faute d’entretien. Et quand les premières pluies arrivent, l’eau fait le travail que personne n’a fait : elle déplace tout, partout, sur les chaussées, dans les cours, devant les commerces et les écoles.
Le résultat est le même chaque fois. Des routes impraticables. Des quartiers enclavés pendant des heures. Des maisons inondées dans les zones basses. Des risques sanitaires réels — l’eau stagnante mélangée aux déchets est un terrain fertile pour les maladies.
Conakry et ses caniveaux : la question qui revient
La question des caniveaux de Conakry n’est pas technique. Elle est politique. La ville dispose, sur de nombreux axes, de caniveaux construits ou rénovés ces dernières années. Certains ont bénéficié de financements publics importants. Mais le suivi — le curage régulier, le désobstruction avant chaque saison des pluies, l’entretien courant — reste insuffisant.
Dans plusieurs quartiers populaires, des habitants organisent eux-mêmes le curage de leur caniveau de proximité, parfois avec des outils rudimentaires, sans appui municipal. Ce sont ces mêmes habitants qui se retrouvent les pieds dans l’eau quelques mois plus tard quand l’obstruction recommence.
La collecte des ordures est l’autre maillon faible. Sans ramassage régulier et fréquent, les déchets s’accumulent en bord de route. La pluie fait le reste.
Ce que la saison des pluies va révéler
La saison des pluies guinéenne s’étend généralement de mai à octobre. Elle arrive chaque année avec les mêmes problèmes — et chaque année, les mêmes questions sans réponse.
Combien de quartiers de Conakry ont leurs caniveaux curés avant le début de l’hivernage ? Quel est le calendrier de collecte des ordures dans les zones périphériques comme Wanindara ou Bambéto ? Qui est responsable, concrètement, quand une route est rendue impraticable par l’accumulation de déchets charriés par la pluie ?
À quelques jours des premières pluies sérieuses de l’année, ces questions méritent une réponse publique. Pas après les inondations. Avant.
LeCri24 suit la situation dans les quartiers de la capitale tout au long de la saison des pluies.
💬 Dans votre rue, le caniveau est-il curé ? La collecte des ordures est-elle régulière ? Dites-le — c’est de l’information utile pour tous.
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