Ce samedi matin, les premières pluies de la saison inter-saison ont suffi pour replonger plusieurs quartiers de Conakry dans une réalité bien connue des habitants : des caniveaux bouchés, des eaux stagnantes et des déchets déversés sur les routes.
Aux environs de 9 heures, une pluie modérée s’est abattue sur la capitale guinéenne. Mais en quelques minutes seulement, plusieurs axes ont montré leurs limites face à l’écoulement des eaux.
De Simanbossia à Petit Simbaya, jusqu’au quartier Kiroty dans la commune de Lambanyi, le constat est resté le même : des caniveaux obstrués par des amas d’ordures, incapables d’évacuer correctement les eaux de pluie. Résultat, les déchets et les eaux souillées se sont répandus sur les chaussées, compliquant la circulation et exposant les riverains à des risques sanitaires.
Le plus marquant ce matin n’était pas seulement l’état des vieux ouvrages de drainage. Les détritus ont également envahi certaines routes récemment construites ou réhabilitées dans le cadre des projets de modernisation de Conakry.
Ces infrastructures, souvent présentées comme des symboles du renouveau urbain de la capitale, ont rapidement perdu leur image de modernité sous l’effet des premières eaux de pluie. Une scène qui rappelle une réalité souvent dénoncée par les habitants : sans entretien régulier des caniveaux et sans gestion efficace des déchets, les infrastructures routières restent vulnérables.
Le 9 mai dernier, lors de l’inauguration des logements sociaux de Sonfonia, le Premier ministre Amadou Oury Bah avait pourtant placé l’assainissement de Conakry parmi les priorités du gouvernement.
Le chef du gouvernement avait affirmé vouloir transformer durablement le visage de la capitale avant les grandes pluies prévues en juillet, invitant même les citoyens à comparer l’état de la ville aujourd’hui et dans cinq ans.
Mais les premières précipitations sont arrivées plus tôt que prévu. Et les scènes observées ce samedi montrent que plusieurs zones restent fortement exposées avant même le début officiel de la grande saison des pluies attendu en juin.
À Conakry, les habitants de quartiers comme Bambeto, Wanindara, Cosa ou encore certaines parties de Kaloum connaissent déjà les conséquences des fortes pluies : inondations, circulation paralysée, maisons envahies par les eaux et pertes matérielles.
Chaque année, les mêmes inquiétudes reviennent avec l’hivernage. Cette fois, les attentes sont encore plus fortes, car les autorités ont publiquement fixé des objectifs précis sur l’assainissement urbain.
Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour mesurer l’efficacité réelle des opérations annoncées par les autorités afin d’éviter que les premières pluies de mai ne deviennent le prélude d’une nouvelle saison d’inondations majeures dans la capitale guinéenne.
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