CONAKRY — Ce lundi 4 mai 2026 marque les trente ans du départ d’Aly Badara Diakité. Tout le monde l’appelait ABD.
Il n’y avait pas de réseaux sociaux. Pas de smartphones. Pas d’internet. Il y avait une radio, une télévision nationale, et une voix. La sienne portait d’un bout à l’autre de Conakry — et bien au-delà. Les émissions Afri-cadence et Podium rassemblaient les familles guinéennes autour d’un même écran, d’un même son. ABD était là, élégant, précis, passionné. Il connaissait la musique africaine comme il respirait. Il parlait aux gens, pas au-dessus d’eux.
Trente ans plus tard, ceux qui l’ont connu décrivent encore la même chose : une présence. Un professionnalisme rare. Un amour sincère pour ce métier d’informer et de faire vibrer.
La Guinée perd des journalistes chaque année. Elle en perd à la maladie, à la précarité, à l’oubli. ABD est parti il y a trois décennies — mais son nom revient chaque fois qu’on parle de ce que la presse guinéenne peut être quand elle se donne les moyens d’exister vraiment.
Ce soir, LeCri24 se souvient.
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