La Guinée franchit un cap stratégique dans sa politique éducative et agricole. Réuni en séance plénière ce mardi, le Conseil National de la Transition (CNT), sous la conduite de sa première vice-présidente Maimouna Yombouno, a validé un accord de financement conclu avec la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). Objectif : moderniser et créer quatre lycées agricoles d’un nouveau type à travers le pays.
Ce projet s’inscrit dans la dynamique du Programme Simandou 2040, porté par le ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Alpha Bacar Barry. Il marque un tournant clair : faire de la formation agricole un moteur direct de développement économique, et non plus un simple volet académique.
Contrairement aux établissements traditionnels, ces futurs lycées seront conçus comme de véritables centres de production et d’innovation. En plus des salles de classe, ils intégreront des laboratoires spécialisés (technologies, sols, biologie), des ateliers de machinisme agricole, ainsi que des unités de transformation dédiées à des cultures clés comme le riz, le maïs et le soja. Des installations de biogaz, de compostage et d’élevage avicole sont également prévues.
À Macenta, le projet va encore plus loin avec des infrastructures adaptées aux réalités locales : pisciculture, culture du café et transformation du manioc. Une approche qui vise à connecter directement la formation aux besoins spécifiques des territoires.
Sur le plan pédagogique, les formations seront organisées en cycles de trois ans et couvriront plusieurs domaines essentiels : agriculture, élevage, machinisme, transformation agroalimentaire et pêche. L’objectif est clair : former des jeunes immédiatement opérationnels, capables de s’intégrer rapidement dans les chaînes de valeur agricoles.
Au-delà de l’éducation, ce projet ambitionne de repositionner les lycées agricoles comme des pôles économiques régionaux. À terme, ces établissements pourraient contribuer à dynamiser la production locale, réduire la dépendance alimentaire du pays et générer des emplois qualifiés.
Ce pari sur l’agriculture moderne et la formation technique place désormais la Guinée face à un défi majeur : assurer une mise en œuvre rigoureuse pour transformer cette vision en réalité durable.
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