Chaque année, la campagne agricole est présentée comme un gage de souveraineté alimentaire. Mais dans les faits, le marché guinéen peine à approvisionner les assiettes des citoyens.
Le 9 avril 2026, à Koba, le gouvernement a officiellement donné le coup d’envoi de la campagne agricole 2026–2027, avec des objectifs ambitieux : réduire la dépendance alimentaire, soutenir les producteurs et sécuriser l’approvisionnement national. Une intention louable sur le papier, mais qui se heurte à des difficultés concrètes sur le terrain.
Dans les marchés, les prix des produits de première nécessité restent élevés et instables. Dans les zones rurales, les semences et les engrais arrivent souvent tardivement, privant les agriculteurs du soutien nécessaire. Ces derniers dénoncent un manque d’accompagnement réel, malgré les annonces officielles. Ce qui devait être une réforme structurante se retrouve ralenti par la lenteur administrative et des infrastructures insuffisantes.
Pour le citoyen, la souveraineté alimentaire ne se résume pas à des chiffres officiels ou à des discours politiques. Elle se mesure à la disponibilité des produits, à la régularité des récoltes et à l’accessibilité des prix.
L’État est invité à clarifier les points suivants :
- Les dispositifs concrets pour accompagner l’agriculture locale.
- La traçabilité et l’efficacité des ressources mises à disposition.
- La réduction réelle de la dépendance aux importations alimentaires.
Sans ces garanties, chaque lancement de campagne reste une promesse politique peu convaincante pour ceux qui font face quotidiennement aux pénuries.
La Guinée dispose pourtant de terres fertiles, de ressources en eau abondantes et d’un capital humain capable de nourrir le pays. Mais si les politiques demeurent des gestes symboliques sans impact tangible, le pays continuera à dépendre des importations et à subir des crises alimentaires récurrentes.
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