CONAKRY – Dans un contexte où la Guinée dépend encore massivement des importations pour sa consommation de volaille, le Groupe Sonoco passe à l’offensive. Le géant industriel guinéen vient d’annoncer un investissement colossal de 175 milliards de francs guinéens (environ 12 milliards de FCFA) pour bâtir un complexe avicole intégré unique en son genre.
Un projet titanesque sur toute la chaîne de valeur
L’ambition de Sonoco ne se limite pas à l’élevage. Le groupe prévoit de maîtriser l’intégralité du cycle de production, une stratégie dite de « ferme à l’assiette ». Ce complexe industriel englobera :
- La nutrition animale : Production locale d’aliments pour volailles.
- La reproduction : Mise en place de couvoirs modernes.
- Le cycle de vie : Centres d’élevage, d’abattage et unités de transformation.
- La logistique : Un réseau de distribution structuré pour acheminer les produits finis vers le consommateur.
15 millions de poulets pour briser la dépendance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. À plein régime, l’unité vise une capacité de production annuelle de 15 millions de poulets de chair. Un volume stratégique quand on sait que la Guinée importe actuellement près de 85 % de sa consommation nationale en volaille.
Alors que la demande intérieure ne cesse de croître, cet investissement massif vise à inverser la courbe des importations et à stabiliser les prix sur le marché local, souvent soumis aux fluctuations du fret international.
Un moteur social : 4 000 emplois à la clé
Au-delà de l’aspect sécuritaire et alimentaire, l’impact socio-économique s’annonce majeur. Le projet devrait générer environ 400 emplois directs hautement qualifiés et plus de 3 500 emplois indirects, dynamisant ainsi les zones rurales et la chaîne logistique nationale.
L’analyse de LeCri24
Avec ce financement, le Groupe Sonoco ne signe pas seulement un projet commercial, mais un acte de patriotisme économique. Restaurer la souveraineté alimentaire de la Guinée passera nécessairement par de tels investissements privés capables de rivaliser avec la concurrence étrangère. Reste désormais le défi de la compétitivité face aux produits d’importation souvent subventionnés, un combat où le soutien de l’État sera déterminant.
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