Conakry, 20 février 2026 (soir) – Le ton est inhabituellement ferme. Le Barreau de Guinée a publié ce jeudi une déclaration officielle pointant du doigt ce qu’il qualifie de « graves dysfonctionnements » au sein du système judiciaire national. Une sortie publique qui place directement le ministère de la Justice face à ses responsabilités.
🏛️ Une interpellation directe du ministère
Dans son adresse au Garde des Sceaux, l’Ordre des avocats évoque des anomalies préoccupantes dans le fonctionnement des juridictions. Sans entrer dans des accusations personnalisées, le Barreau insiste sur des pratiques qui, selon lui, fragilisent l’équilibre des procès et la crédibilité des décisions rendues.
Cette démarche est rare. Traditionnellement mesuré dans ses prises de position publiques, le Barreau choisit ici de hausser le ton, signe d’un malaise jugé sérieux au sein de l’appareil judiciaire.
⚖️ Les points sensibles évoqués
Parmi les préoccupations exprimées figurent :
- des irrégularités de procédure signalées par plusieurs avocats ;
- des inquiétudes liées à l’équilibre des débats devant certaines juridictions ;
- des interrogations sur la cohérence et la rapidité du traitement des dossiers.
L’Ordre des avocats appelle à une réflexion approfondie sur l’organisation interne des tribunaux et plaide pour des réformes structurelles capables de renforcer la transparence et la confiance du public.
🔍 Un contexte judiciaire déjà fragile
Cette déclaration intervient dans un climat marqué par des décisions controversées et un débat récurrent sur :
- l’indépendance effective des magistrats,
- la célérité des procédures,
- et la perception de la justice par les citoyens.
Alors que les autorités mettent régulièrement en avant la lutte contre la corruption et les infractions économiques, cette sortie du Barreau vient rappeler que la solidité des institutions judiciaires demeure un enjeu central pour l’État de droit.
📣 Vers un dialogue ou une crispation ?
L’interpellation publique place désormais le ministère de la Justice face à un choix : ouvrir rapidement un dialogue institutionnel avec le Barreau ou risquer une montée des tensions au sein du corps judiciaire.
Au-delà d’un simple communiqué corporatiste, cette prise de position révèle un questionnement plus large : la justice guinéenne traverse-t-elle une phase de consolidation ou de remise en cause ?
Les prochains jours pourraient être décisifs, notamment si une réponse officielle du ministère vient préciser les orientations envisagées.
La confiance des citoyens envers leur justice reste, plus que jamais, au cœur du débat.
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