À Conakry, la tarification de certaines chambres d’hospitalisation à l’Hôpital national Ignace Deen suscite une vive controverse. Dans cet établissement public de référence, une chambre climatisée serait facturée à 500.000 GNF, tandis qu’une chambre équipée d’un simple ventilateur coûterait 250.000 GNF. Des montants qui interrogent dans un pays où de nombreux ménages peinent déjà à faire face aux dépenses médicales de base.
Des tarifs qui choquent
Pour beaucoup de familles, ces prix représentent un obstacle majeur à l’accès aux soins. Alors que l’hôpital public est censé garantir des services accessibles à tous, ces nouveaux montants donnent le sentiment d’un glissement vers une logique plus commerciale que sociale.
Plusieurs usagers estiment que ces frais risquent d’exclure les plus vulnérables, notamment les patients issus de milieux modestes. « Quand on arrive à l’hôpital, c’est souvent une urgence. Si on commence à choisir la chambre en fonction de son portefeuille, cela devient inquiétant », confie un proche de patient rencontré sur place.
L’Union des Consommateurs de Guinée monte au créneau
Face à la polémique, l’Union des Consommateurs de Guinée (UCG) appelle à une clarification immédiate. L’organisation plaide pour un encadrement strict des tarifs et insiste sur la nécessité de préserver le caractère public et social de l’hôpital.
Selon l’UCG, il est impératif que les soins essentiels demeurent gratuits ou financièrement accessibles, conformément aux principes d’équité et de justice sociale.
Le ministère de la Santé interpellé
La situation place désormais le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique au centre des attentes. Plusieurs pistes sont évoquées :
- Audit des coûts : examiner la justification réelle des tarifs appliqués.
- Politique de gratuité ciblée : maintenir des services essentiels sans frais pour les couches vulnérables.
- Transparence tarifaire : afficher clairement les prix et expliquer leur composition.
- Accès universel : renforcer les mécanismes garantissant l’égalité devant les soins.
Un débat plus large sur la santé publique
Au-delà du cas d’Ignace Deen, c’est la question du modèle de santé publique guinéen qui est posée. Comment moderniser les infrastructures sans faire porter le poids financier aux patients ? Comment améliorer la qualité des services tout en respectant le principe d’équité ?
Dans un contexte économique fragile, la santé ne peut devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent payer.
L’UCG appelle à une réaction rapide des autorités pour protéger les droits des patients et éviter que la facture hospitalière ne devienne une nouvelle fracture sociale.
Le débat est désormais ouvert. Reste à savoir quelles mesures concrètes seront prises pour garantir à chaque citoyen un accès digne et équitable aux soins.
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