La Guinée dispose de l’un des littoraux les plus poissonneux d’Afrique de l’Ouest. Pourtant, sur les marchés, le poisson devient rare et cher. Entre la mer et l’assiette du consommateur, une richesse semble se dissoudre.
Chaque jour, des pirogues artisanales accostent le long des côtes guinéennes avec leurs prises. En théorie, cette abondance devrait garantir un accès régulier et abordable au poisson pour les ménages. Dans la pratique, la réalité est tout autre. Les prix fluctuent fortement, l’offre est irrégulière et la consommation recule dans de nombreux foyers.
Ce paradoxe s’explique en grande partie par la désorganisation des circuits. Entre le pêcheur et le consommateur final, les intermédiaires se multiplient. Le manque d’infrastructures de conservation entraîne des pertes importantes, poussant les acteurs à vendre rapidement, souvent à des conditions défavorables. À cela s’ajoute une faible transformation locale, qui limite la création de valeur sur le territoire.
Par ailleurs, une part significative des ressources halieutiques échappe aux circuits de consommation nationale. Sans toujours être visible pour le grand public, cette réalité alimente le sentiment d’une richesse produite localement, mais peu accessible aux populations.
La cherté du poisson ne relève pas d’un manque de ressources, mais d’un problème d’organisation et de gouvernance des filières. Pour les pêcheurs artisanaux, les revenus restent incertains. Pour les mareyeuses, les coûts augmentent. Pour les ménages, l’alimentation devient plus onéreuse.
Sous l’autorité du président Mamadi Doumbouya et avec un gouvernement dirigé par le Premier ministre Amadou Oury Bah, la question de la pêche dépasse le simple secteur halieutique. Elle touche à la sécurité alimentaire, à l’emploi et à la justice économique. Réorganiser les circuits, soutenir la conservation et renforcer la transformation locale sont autant de leviers pour reconnecter la richesse de la mer au quotidien des citoyens.
La mer guinéenne continue de produire. Mais tant que ses fruits ne parviendront pas équitablement aux tables des ménages, le paradoxe persistera. LeCri24 poursuivra l’analyse des circuits et des mécanismes qui éloignent la richesse halieutique des Guinéens, afin de comprendre où, exactement, elle se perd.
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