Après plusieurs semaines de tensions sociales et le retrait du SNAESURS du cadre des discussions, un nouveau protocole d’accord a été conclu entre le gouvernement et les syndicats de l’éducation. Le document intègre l’essentiel des revendications portées par les enseignants du Pré-universitaire et de l’Enseignement technique et de la formation professionnelle, ouvrant la voie à une sortie de crise progressive.
Selon des informations confirmées auprès de sources syndicales et administratives, les engagements contenus dans cet accord sont bien réels et validés par les parties signataires.
Révision du statut particulier dès février 2026
Les autorités et les partenaires sociaux ont convenu de reprendre la révision du statut particulier des enseignants à partir de février 2026. Cette réforme, très attendue, vise à actualiser un cadre juridique jugé inadapté aux réalités actuelles du secteur éducatif.
Des primes largement revalorisées
Le protocole prévoit une hausse substantielle des primes, longtemps considérées comme insuffisantes par les enseignants :
- Prime de préparation mensuelle :
de 100 000 GNF à 500 000 GNF
▸ 300 000 GNF à compter de février 2026
▸ 500 000 GNF à partir de juillet 2026 - Prime de craie mensuelle :
de 125 000 GNF à 500 000 GNF, selon le même échéancier - Prime de documentation annuelle :
portée de 300 000 GNF à 1 500 000 GNF
Un effort financier salué par les syndicats, même si ceux-ci rappellent que l’enjeu majeur reste la mise en œuvre effective.
Salaires bloqués : un mécanisme de règlement acté
Le gouvernement s’est engagé à poursuivre le déblocage des salaires de juillet-août 2025, avec paiement intégral des primes amputées. La plateforme FUGAS sera également rouverte afin de traiter les cas d’enseignants dont les salaires sont bloqués depuis décembre 2023.
Une commission bipartite (Fonction publique, IGAP et syndicats) examinera les dossiers transmis par les DRH, sur la base de listes cosignées. Les cas jugés recevables devront être réglés au plus tard fin janvier 2026.
Reclassement et examens professionnels
Autre avancée notable : la prise en charge, dès janvier 2026, des arrêtés de reclassement des enseignants admis aux examens professionnels (session 2017). Le gouvernement confirme également la poursuite annuelle de ces examens.
Logement et transport : revalorisation progressive
Les indemnités de logement et de transport connaissent une hausse :
- Logement : 250 000 GNF
- Transport : 200 000 GNF
Paiement échelonné :
- Fin mai 2026 :
▸ 150 000 GNF (logement)
▸ 100 000 GNF (transport) - Fin septembre 2026 :
▸ 100 000 GNF (logement)
▸ 100 000 GNF (transport)
Primes de fonction : principe validé
Le gouvernement accepte le principe d’octroi des primes de fonction, sous réserve de la vérification des actes de nomination. Une commission mixte examinera les dossiers transmis avant fin février 2026.
Contractuels et zone spéciale de Conakry
Une commission spécifique se penchera sur le cas des enseignants contractuels non retenus et ceux de la zone spéciale de Conakry. Le traitement des dossiers ne devra pas excéder deux mois après la mise en place de ladite commission.
Suspension de la grève et reprise des cours annoncée
Dans la foulée de la signature de ce protocole, l’intersyndicale de l’Éducation, regroupant la Fédération syndicale professionnelle de l’Éducation (FSPE), le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG) et le Syndicat national de l’Éducation (SNE), a annoncé la suspension du mot d’ordre de grève générale déclenché le 1er décembre 2025 sur toute l’étendue du territoire national.
Après plus d’un mois de paralysie du système éducatif, cette décision, rendue publique le samedi 3 janvier 2026, est le résultat de plusieurs efforts de médiation, de l’implication du Mouvement syndical guinéen, des centrales syndicales, et surtout de la conclusion d’un accord avec le gouvernement.
Soucieuse de préserver un climat social apaisé et d’éviter toute récupération politique du mouvement, l’intersyndicale appelle l’ensemble des enseignants à reprendre effectivement les cours à compter du lundi 5 janvier 2026, sur toute l’étendue du territoire national.
Une sortie de crise sous surveillance
Si la suspension de la grève marque un tournant important, de nombreux acteurs du secteur éducatif restent prudents. Pour eux, la crédibilité de cet accord dépendra avant tout du respect du calendrier annoncé et de la concrétisation rapide des engagements pris.
✍️ Barry Mamadou Alpha
— LeCri24 | 628 58 42 03
