La pression commençait à devenir insoutenable au port autonome de Conakry. Entre navires immobilisés, retards à répétition et coûts logistiques en hausse, importateurs et consommateurs subissaient de plein fouet les effets d’une congestion persistante. Face à cette situation, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, a décidé d’agir.
Réuni en Conseil des ministres le jeudi 11 décembre 2025, l’exécutif a validé une suspension exceptionnelle des surestaries et pénalités portuaires. La mesure sera appliquée du 15 décembre 2025 au 31 janvier 2026 dans les ports autonomes de Conakry, une période jugée critique en raison de l’intensification des échanges commerciaux liée aux fêtes de fin d’année.
L’annonce a été rendue publique par le porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, qui a expliqué que les retards dans le déchargement des marchandises avaient fortement alourdi les charges des importateurs. Ces surcoûts, souvent répercutés sur les prix de vente, contribuaient à fragiliser le pouvoir d’achat des ménages. L’objectif affiché par les autorités est clair : soutenir les opérateurs économiques et limiter l’impact de la crise portuaire sur le panier de la ménagère.
Pour rendre cette décision pleinement efficace, le gouvernement prévoit également une organisation du travail en continu, 24 heures sur 24, au niveau des différentes structures portuaires. Cette mesure vise à accélérer les opérations, réduire les temps d’attente des navires et éviter de nouvelles pertes économiques. Les ministères du Budget et des Transports sont chargés de veiller à l’application rigoureuse et au suivi de l’ensemble du dispositif.
Dans les milieux d’affaires, cette annonce est accueillie avec soulagement. Beaucoup y voient une réponse concrète à une crise qui menaçait l’approvisionnement du marché et la stabilité des prix. Toutefois, plusieurs acteurs économiques estiment que cette suspension, bien que salutaire, ne saurait suffire à long terme. Ils appellent à des réformes structurelles profondes pour moderniser les infrastructures et améliorer durablement la gestion du port de Conakry.
À court terme, la décision tombe à point nommé. Pour de nombreuses entreprises confrontées depuis des semaines à des retards coûteux, elle offre une bouffée d’oxygène et redonne un peu de visibilité à l’activité commerciale nationale.
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