La police nationale a annoncé avoir démantelé un vaste réseau présumé de voleurs de véhicules opérant entre Conakry et ses environs, avec la participation surprenante d’un détenu de la maison centrale de Coronthie. L’opération, menée par la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), a abouti à l’arrestation de plusieurs suspects et à la saisie de véhicules volés.
Selon la capitaine Ramatouye Baldé, porte-parole de la police nationale, les investigations ont conduit à la découverte de quatre véhicules volés — deux Toyota Land Cruiser et deux Toyota Hilux double cabine — retrouvés dans la cour d’Elhadj Aly Badra Kaba, domicilié à Coyah. Les agents ont également mis la main sur des plaques d’immatriculation falsifiées, des outils mécaniques et des sprays de peinture utilisés pour maquiller les engins.
Interrogé par les enquêteurs, Elhadj Aly Badra Kaba reconnaît que les véhicules lui étaient confiés. Il affirme avoir été mis en contact avec le détenu Mohamed Diallo, alias Junior, grâce à Mohamed Fofana et un certain Alia. Les véhicules, explique-t-il, étaient convoyés jusque chez lui par Ousmane, le frère de Junior.
De son côté, Mohamed Fofana avoue lui aussi son implication. Il déclare avoir été sollicité directement par Junior et reconnaît avoir déjà transporté, avec Alia, trois autres véhicules volés vers Freetown, en utilisant de fausses plaques d’immatriculation.
L’enquête en cours met en lumière un réseau structuré et bien organisé : les véhicules étaient généralement livrés de nuit, repeints, réimmatriculés puis expédiés hors du pays. Le tout était coordonné depuis l’intérieur même de la prison centrale.
La police précise que les investigations se poursuivent afin d’identifier tous les complices encore en fuite. En attendant, Elhadj Aly Badra Kaba et Mohamed Fofana seront présentés au tribunal de première instance de Coyah. Ils pourraient être poursuivis pour vol, complicité et recel, conformément aux articles 373 et 485 du code pénal.
L’affaire relance le débat sur la sécurité carcérale et les complicités extérieures permettant à certains détenus de continuer à opérer des réseaux criminels depuis leur cellule. Les autorités promettent un suivi rigoureux et des mesures complémentaires pour démanteler toute la chaîne.
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