CONAKRY. Lundi soir, Djelykaba Bintou Kouyaté a publié quelques mots sur Facebook. Quelques minutes plus tard, le post avait disparu. Puis il est réapparu. Et depuis, le silence de ceux qui devraient parler est plus éloquent que tout le reste.
La Patronne accroche le micro
Elle vient de remporter cinq trophées aux Victoires de la Musique Guinéenne en décembre 2025. Elle rentre tout juste des AFRIMA Awards avec deux distinctions : Meilleure Artiste Féminine d’Afrique de l’Ouest et Révélation Africaine de l’année. Elle est au sommet. Et c’est exactement maintenant qu’elle choisit de partir.
La fille de Fria a écrit ceci, de sa main, sur ses réseaux officiels :
« J’ai longtemps hésité avant d’écrire ces mots. Aujourd’hui, je prends une décision difficile : me retirer de la musique, à partir de maintenant. Ce n’est ni un manque d’amour pour mon travail, ni un manque de force. C’est simplement que certaines épreuves finissent par épuiser même les cœurs les plus solides. »
Puis elle a ajouté ceci. Et c’est cette partie que personne ne veut vraiment entendre :
« Les attaques, les pièges, les tentatives de salir ce que j’ai construit avec sincérité… tout cela devient trop lourd à porter. Je refuse de me battre dans un environnement où la dignité n’a plus sa place. »
Un post supprimé. Puis remis. Pourquoi ?
Ce détail ne devrait pas passer inaperçu. Le message est apparu. Disparu. Puis réapparu. Djelykaba Bintou n’a donné aucune explication sur ce revirement. Personne ne lui a posé la question publiquement. Pourtant, la question s’impose : qui, ou quoi, a provoqué cette suppression ?
Dans le milieu artistique guinéen, on parle en coulisses. Mais rarement en public. Rarement avec son nom et son visage. Elle, elle l’a fait.
Ce que LeCri24 lit entre les lignes
Djelykaba Bintou ne dénonce personne nommément. Pas d’accusation directe. Pas de nom. Juste des mots qui dessinent un tableau : attaques, pièges, tentatives de destruction d’image. Un environnement où la dignité n’a plus sa place.
Elle part avec cinq trophées en poche et deux prix continentaux. Ce n’est pas quelqu’un qui fuit l’échec. C’est quelqu’un qui refuse de payer un prix que personne ne devrait payer pour faire son métier.
Ce que son départ dit sur la condition des artistes féminines en Guinée, aucun communiqué officiel ne le dira à sa place. Le ministère de la Culture vient de poser la première pierre du Cinéma Center. Le BGDA renforce les droits d’auteur dès demain. Mais une artiste récompensée dans toute l’Afrique préfère partir plutôt que rester.
Quelqu’un, quelque part, devrait se poser la question de ce que ça signifie.
💬 Djelykaba, si tu lis ceci : la Guinée t’entend. Et elle attend une explication, pas de toi — mais de ceux qui t’ont poussée à partir.
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