Dans une allocution surprise diffusée à la télévision nationale, un groupe de soldats béninois dirigé par le lieutenant-colonel Pascal Tigri a annoncé samedi la dissolution de toutes les institutions républicaines, affirmant avoir renversé le président Patrice Talon. Un tournant politique majeur qui plonge le pays dans l’inconnu.
Un message militaire qui bouleverse le Bénin
Les Béninois se sont réveillés sous le choc. Peu avant midi, des militaires en treillis, se présentant comme le Comité Militaire de la Refondation (CMR), sont apparus sur l’ORTB, la télévision publique, pour lire un communiqué annonçant la fin du régime du président Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016.
À la tête du groupe, le lieutenant-colonel Pascal Tigri a déclaré :
« Face à la dérive du régime et à la nécessité de restaurer la souveraineté populaire, le Comité Militaire de la Refondation a décidé d’assumer la direction de l’État et de dissoudre toutes les institutions républicaines. »
Selon les militaires, toutes les forces de défense et de sécurité ont été appelées à se rallier au comité pour « préserver la stabilité et l’intégrité du territoire national ».
Tension maximale à Cotonou
Peu avant l’annonce, plusieurs témoins dans la capitale avaient signalé des tirs sporadiques autour de la résidence présidentielle. Les ambassades étrangères ont rapidement émis des alertes de sécurité, recommandant de limiter les déplacements.
Aucune information claire n’a filtré sur la situation physique du président Patrice Talon, dont le sort reste inconnu pour le moment. Ce flou renforce les inquiétudes dans une région déjà marquée par une succession de coups d’État ces dernières années.
Un pays longtemps présenté comme stable
Le Bénin, considéré pendant des décennies comme un modèle démocratique en Afrique de l’Ouest, était entré dans une période de fortes tensions politiques depuis les élections législatives controversées de 2019. Ces dernières années, plusieurs opposants avaient été emprisonnés ou poussés à l’exil, et le climat politique s’était progressivement crispé.
L’intervention du CMR intervient donc dans un contexte où une partie de la population exprimait un ras-le-bol croissant, tandis que les institutions internationales saluaient encore la stabilité économique du pays.
Une transition encore floue
Pour l’heure, le CMR n’a pas dévoilé de plan clair pour la gestion de la transition. Aucune feuille de route, aucun calendrier électoral ni composition d’un éventuel gouvernement provisoire n’ont été annoncés.
La communauté internationale, elle, observe avec prudence. Des réactions officielles sont attendues dans les prochaines heures, notamment de la CEDEAO et de l’Union africaine, généralement hostiles aux prises de pouvoir par la force.
Que peut-il se passer maintenant ?
Plusieurs scénarios sont possibles :
- Stabilisation rapide : le CMR consolide son pouvoir et annonce une transition surveillée.
- Résistance institutionnelle : certaines forces loyales à Talon pourraient tenter de reprendre le contrôle.
- Pression internationale accrue : sanctions, médiations et appels au retour à l’ordre constitutionnel.
Dans tous les cas, le Bénin entre dans une phase délicate où chaque heure comptera.
L’annonce du renversement du président Patrice Talon par le lieutenant-colonel Pascal Tigri et son Comité Militaire de la Refondation ouvre une période d’incertitude majeure au Bénin. Si le coup d’État est confirmé sur le terrain, il pourrait bouleverser durablement l’équilibre politique de la région.
LeCri24 suivra l’évolution de cette situation minute par minute, avec un regard attentif sur les enjeux démocratiques et sécuritaires pour le peuple béninois.
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