La Cour d’appel de Kankan a clos ce mardi 2 décembre 2025 un dossier très suivi dans le secteur de la santé publique : celui du directeur de l’hôpital préfectoral de Kouroussa, Dr Demba Mara, et de trois cadres poursuivis pour détournement de fonds. Le jugement, attendu depuis plusieurs mois, mêle fermeté et prise en compte des réalités du terrain.
Un verdict qui reconnaît la culpabilité, mais ajuste les sanctions
Au terme de l’examen du dossier et des débats, la juridiction d’appel a confirmé la responsabilité pénale des quatre mis en cause.
Cependant, la Cour a privilégié des peines avec sursis, estimant que la nature des faits et le parcours professionnel des prévenus justifiaient un traitement différent de la condamnation initiale.
Voici les décisions prononcées :
- Dr Demba Mara et Moussa Cissoko : un an de prison avec sursis + 10 millions GNF d’amende chacun.
- Yaya Dioubaté et Souleymane Bah : six mois de prison avec sursis + 5 millions GNF d’amende.
Selon les juges, les preuves de détournement, de complicité et de recel étaient établies, mais l’absence d’intention manifeste de nuire et la longue carrière au service de l’État ont pesé dans l’appréciation de la peine.
La défense satisfaite d’une décision “mesurée”
À la sortie de l’audience, Me Mamadi Doumbouya, avocat des quatre cadres, a exprimé sa satisfaction, estimant que la Cour avait rendu une décision “cohérente et conforme au droit”.
« La Cour a tenu compte de notre argumentation. Nous saluons une décision équilibrée qui reconnaît les faits tout en respectant les principes fondamentaux du droit pénal. »
L’avocat rappelle que l’affaire avait été réexaminée à la demande conjointe du ministère public et de la défense, chacun contestant la décision rendue en première instance. Ce double appel a permis une nouvelle analyse du dossier conformément aux dispositions du Code de procédure pénale.
Pourquoi la Cour a révisé les peines ?
La juridiction a appliqué les dispositions liées aux circonstances atténuantes, en s’appuyant notamment sur l’article 117 du Code pénal.
Plusieurs éléments ont joué en faveur des prévenus :
- aucun indice d’intention volontaire de porter préjudice ;
- une carrière marquée par des années de service public ;
- un contexte administratif jugé complexe au moment des faits.
En première instance, les prévenus avaient écopé de trois ans de prison ferme, peine que la Cour d’appel a jugée disproportionnée au regard des conclusions tirées en appel.
Une affaire qui secoue le secteur hospitalier de Kouroussa
Dans la préfecture, cette procédure avait suscité de nombreuses réactions parmi le personnel de santé et la population.
Le verdict vient refermer un chapitre sensible, tout en laissant un message clair : les fautes de gestion dans les services publics seront sanctionnées, mais la justice peut adapter les peines aux réalités humaines et professionnelles.
— LeCri24 | 629 29 29 19
