La rentrée scolaire vire au chaos entre Yimbaya, Kindia, Kankan et Maferinyah
Ce lundi 1er décembre 2025, la Guinée a vécu l’une des journées scolaires les plus tendues de ces derniers mois. Entre jets de pierres, fermeture d’écoles et enseignants absents, la grève générale lancée par les syndicats de l’éducation a paralysé de nombreux établissements sur tout le territoire.
Tensions à Yimbaya : des groupes d’élèves sèment la panique
À Conakry, le secteur éducatif de Yimbaya a été le premier théâtre de violences. Selon plusieurs témoins, des groupes d’élèves issus d’écoles publiques ont lancé des pierres vers d’autres établissements du quartier, notamment le lycée, le collège et des écoles primaires.
Peur, confusion et bousculades : les cours ont été interrompus et certains élèves ont dû être évacués précipitamment.
« On ne comprenait rien, on a juste vu des élèves courir partout », témoigne un parent venu récupérer son enfant.
Kindia : 30 minutes de cours avant la fermeture en urgence
À Kindia, la rentrée du jour n’a duré qu’une demi-heure. Plusieurs écoles privées, pourtant ouvertes malgré la grève, ont dû stopper immédiatement les cours.
En cause : des élèves des écoles publiques ont commencé à lancer des pierres vers les établissements privés, provoquant une vague de panique. Les enseignants ont alors préféré interrompre les cours pour éviter tout incident.
« On a entendu des bruits de pierres sur les toits, les enfants ont crié, on a tout arrêté », explique un directeur d’école privée.
Kankan : grève massivement suivie, écoles publiques désertes
Dans la région de Kankan, la mobilisation des enseignants est totale. Dans presque toutes les écoles publiques — du primaire au secondaire — les salles de classe sont restées fermées.
Même certaines écoles privées ont rejoint le mouvement, laissant des cours inoccupés et des établissements presque vides.
La ville a tourné au ralenti, la circulation autour des écoles étant quasi inexistante.
Maferinyah (Forécariah) : les élèves attendent… puis rentrent chez eux
À Maferinyah, dans la préfecture de Forécariah, la scène était similaire. Devant le collège, les élèves ont attendu plus d’une heure l’arrivée de leurs enseignants. Personne n’est venu.
Finalement, les élèves ont pris la décision de rentrer chez eux, faute de cours.
« On a attendu, attendu… mais aucun professeur n’est venu », raconte un groupe d’élèves rencontré sur place.
Analyse : un mouvement qui s’installe dans la durée
Le mot d’ordre de grève générale lancé par l’intersyndicale de l’éducation semble déjà avoir un impact majeur. Jets de pierres, fermeture des classes, confusion et élèves abandonnés à eux-mêmes : les premiers signaux montrent une crise profondément installée, au risque d’une détérioration rapide du climat scolaire.
Les syndicats exigent notamment :
- l’amélioration des conditions de travail ;
- la revalorisation salariale ;
- le respect des engagements pris précédemment par l’État.
Pour l’heure, aucune solution n’a encore émergé, laissant les parents dans l’incertitude et les élèves dans une situation d’instabilité inquiétante.
Et maintenant ?
Si la grève se poursuit, les perturbations pourraient s’étendre à d’autres villes et entraîner un arrêt quasi complet du système scolaire. Les citoyens appellent à un dialogue rapide afin d’éviter une escalade.
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