Dans une transition qui ressemble à un mélange improbable entre un sketch politique et une réunion improvisée, le président de transition Horta Inta-a a procédé ce vendredi 27 novembre à une nomination pour le moins spectaculaire — et, selon certains observateurs, “aussi soudaine qu’un courant électrique dans un vieux ventilateur”.
Ilídio Vieira Té, ancien gardien du trésor public, directeur de campagne, stratège de coalition, et multitâche assumé, a été propulsé Premier ministre et ministre des Finances dans un même décret, comme si on cherchait à battre le record du nombre de portefeuilles confiés en moins de 30 secondes.
Un gouvernement façon “qui est libre aujourd’hui ?”
Selon les mauvaises langues (mais aussi les bonnes), Vieira Té a été choisi pour une raison simple : il était déjà là, il connaissait les dossiers… et surtout il n’avait pas encore fui le pays.
L’intéressé, rappelons-le, dirigeait la campagne électorale de la Plateforme républicaine Nô Kumpu Guinée, coalition qui avait soutenu l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. Ce dernier, comme dans un film d’action mal monté, a quitté le pays juste à temps pour ne pas avoir à commenter le chaos politique qui a suivi.
Des nominations qui s’enchaînent à la vitesse d’un coup de fil mal raccroché
La décision de nommer Vieira Té n’était que la deuxième action officielle de Horta Inta-a, fraîchement installé à la tête de la transition. Quelques instants auparavant – probablement avant même d’avoir fini son premier café d’investiture – le nouveau président avait déjà signé la nomination du général Tomás Djassi au poste de chef d’état-major des forces armées.
Deux décrets en moins de temps qu’il n’en faut pour expliquer la situation politique du pays : c’est dire si la transition avance vite… ou du moins, avance quelque part.
Un “coup d’État drôle” ?
Entre la rapidité des événements, les retournements surprises et les nominations qui s’enchaînent comme dans une comédie politique, certains observateurs parlent déjà d’un “coup d’État plus confus que violent”, où chacun prend un poste avant même qu’on ne sache très bien qui gouverne vraiment.
Pour l’instant, le pays semble suspendu entre sérieux institutionnel, manœuvres précipitées et scènes quasi burlesques. Une chose est sûre : en Guinée-Bissau, même les transitions ne prennent pas le temps de s’ennuyer.
