À Bissau, la tension est montée d’un cran. Quelques heures après des tirs près du palais présidentiel, un groupe d’officiers se présentant comme le “haut commandement militaire pour la restauration de l’ordre” affirme avoir pris le contrôle du pays, plongeant la Guinée-Bissau dans une nouvelle phase d’incertitude à la veille de l’annonce des résultats des élections du 23 novembre.
Une prise de pouvoir en pleine attente électorale
Dans la journée de mercredi, des tirs nourris ont été entendus autour du palais présidentiel de Bissau, provoquant la panique et poussant les passants à se mettre à l’abri. Quelques heures plus tard, un groupe d’officiers a diffusé une déclaration dans laquelle il assure avoir “pris le contrôle du pays jusqu’à nouvel ordre”.
Ce mouvement intervient alors que la Guinée-Bissau attend les résultats provisoires de la présidentielle et des législatives tenues dimanche 23 novembre. Le président sortant Umaro Sissoco Embaló et le candidat de l’opposition Fernando Dias Costa avaient chacun revendiqué la victoire dès mardi, installant un climat de forte tension politique.
“Restaurer l’ordre” : la justification des putschistes
Dans leur message, les officiers affirment vouloir “préserver la stabilité nationale” et dénoncent ce qu’ils qualifient de “risques de chaos électoral”. Le groupe se présente comme une structure exceptionnelle établie pour “assurer la continuité de l’État”, sans préciser ni la durée de son action, ni son commandement réel.
Aucune réaction officielle n’avait été publiée de la part du gouvernement ou du président sortant au moment de la rédaction de cet article.
Un pays habitué aux crises politiques
La Guinée-Bissau a connu quatre coups d’État et de multiples tentatives depuis son indépendance en 1974. Les années récentes ont été marquées par des rivalités politiques profondes, une instabilité gouvernementale chronique et des tensions récurrentes entre pouvoir civil et forces armées.
Cette nouvelle crise pourrait encore fragiliser un pays déjà très vulnérable sur le plan institutionnel et économique.
Quelles conséquences pour la transition électorale ?
La prise de contrôle annoncée par ces militaires intervient alors que les résultats officiels sont attendus. Cette situation ouvre plusieurs interrogations :
- Le scrutin du 23 novembre sera-t-il contesté ?
- Les institutions pourront-elles fonctionner normalement ?
- La communauté internationale réagira-t-elle rapidement à cette prise de position militaire ?
Tout laisse penser que les prochaines heures seront décisives pour déterminer l’orientation politique du pays.
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