Lecri24 — Lors d’une séance plénière tenue en début de semaine au Conseil national de la transition (CNT), le professeur Hassane Bah, président de la commission Santé-Éducation-Affaires sociales-Culture, a dressé un tableau profondément préoccupant de l’état des infrastructures hospitalières en Guinée. Manque criant d’équipements, services d’urgence saturés, pénurie d’oxygène : l’alerte est sérieuse, et elle touche directement à la vie des citoyens.
Un système hospitalier à bout de souffle
Selon le médecin légiste, de nombreuses vies pourraient être sauvées si les structures sanitaires disposaient simplement du minimum. Il cite notamment l’hôpital Ignace Deen, l’un des plus importants du pays, « dépourvu de scanner » et dont la radiologie numérique « tombe souvent en panne ».
Des manquements qui compliquent gravement les diagnostics et retardent les prises en charge.
À cela s’ajoute une pénurie d’oxygène jugée dramatique. « Même pour un besoin aussi fondamental, nous sommes encore en train de remettre en état la centrale d’oxygène offerte par la Turquie. Les travaux sont terminés mais la production n’a toujours pas démarré », déplore-t-il.
Des décès évitables… mais quotidiens
Le professeur Bah n’a pas mâché ses mots : ces insuffisances matérielles coûtent des vies, chaque jour.
« On arrive parfois en réanimation avec un patient dans le coma et c’est à la famille de payer l’oxygène. Quand il n’y en a pas, le malade succombe. Cela explique le taux de mortalité particulièrement élevé dans nos hôpitaux », a-t-il dénoncé.
Il révèle qu’à l’hôpital Ignace Deen, une dizaine de décès sont enregistrés quotidiennement. En saison pluvieuse, faute de place à la morgue, des corps sont parfois exposés aux intempéries. « Une situation indigne pour un pays comme la Guinée », regrette-t-il.
Le gouvernement reconnaît la gravité
Face à ce constat alarmant, le ministre du Budget, Facinet Sylla, a reconnu la profondeur de la crise.
« On parle beaucoup de Simandou 2040, de l’élan que prend la Guinée, mais si quelqu’un visite nos hôpitaux et découvre ce que nous venons d’entendre, il se demandera de quelle Guinée on parle vraiment », a-t-il déclaré devant les conseillers du CNT.
Il a assuré que le gouvernement compte agir :
« Nous sommes pleinement conscients de l’urgence. Nous allons adopter une démarche rigoureuse et progressive, comme le président Mamadi Doumbouya sait le faire lorsqu’il s’attaque à un défi majeur. »
Enjeux et attentes
La situation décrite montre un système hospitalier fragilisé, incapable aujourd’hui de répondre à des besoins de base. Pour les professionnels de santé, les parlementaires et les citoyens, l’urgence est désormais d’enclencher une réforme profonde : équipements, maintenance, financement, formation, autonomie des services.
À court terme, les regards sont tournés vers la mise en service rapide de la centrale d’oxygène et l’équipement des services d’urgence.
À long terme, la Guinée devra reconstruire un système de santé capable d’offrir dignité, sécurité et soins efficaces à tous.
— LeCri24 | 629 29 29 19
