Dans une sortie publique au ton incisif, l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade a ravivé le débat politique à Dakar en affirmant qu’un fossé se creuse entre Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Selon lui, Sonko donnerait l’image d’un chef d’exécutif parallèle, éclipsant parfois le président lui-même.
Une critique frontale qui secoue la scène politique sénégalaise
Abdoulaye Wade, figure historique de la politique sénégalaise, n’a pas mâché ses mots lors de sa récente déclaration. Il a estimé que la relation au sommet de l’État ressemble désormais à une « séparation politique amère », où chacun semble tirer sa propre légitimité.
Selon l’ancien chef de l’État, Ousmane Sonko dépasserait régulièrement ses attributions institutionnelles. « Un Premier ministre doit jouer son rôle de Premier ministre, pas celui du président », a insisté Wade, laissant entendre que Sonko s’imposerait comme la figure la plus influente du duo exécutif.
Sonko, une force politique qui dépasse son poste ?
Depuis leur arrivée au pouvoir, l’attelage Diomaye–Sonko intrigue : un président issu de l’ex-opposition, soutenu par un Premier ministre charismatique, moteur de leur alliance politique. Mais ces derniers mois, les prises de position très marquées de Sonko, ses discours directs et son rôle central dans les grandes orientations du gouvernement alimentent un débat national sur l’équilibre du pouvoir.
Des analystes sénégalais évoquent une cohabitation implicite, où le Premier ministre, fort de sa popularité, serait perçu comme la véritable locomotive politique du pays.
Un message destiné à rappeler les limites institutionnelles
Pour Wade, l’enjeu est clair : préserver la lisibilité de l’exécutif et éviter que les rôles constitutionnels ne se superposent. « Le Sénégal ne peut se permettre deux présidents », glisse un proche de l’ancien dirigeant, estimant que ce type d’ambiguïtés fragilise la cohésion de l’État.
Cette sortie intervient alors que le pays traverse une période de fortes attentes sociales, où stabilité et clarté dans la gouvernance sont scrutées de près par la population.
Quelles conséquences pour l’exécutif Diomaye–Sonko ?
La déclaration d’Abdoulaye Wade pourrait rallumer des tensions sous-jacentes dans la majorité. Certains y voient une tentative d’alerter sur les risques d’une rivalité interne qui, si elle venait à s’amplifier, pourrait peser sur l’action gouvernementale.
Reste à savoir si cette interpellation publique poussera le président Diomaye Faye et son Premier ministre à réajuster leur fonctionnement, ou si elle ne fera qu’amplifier un débat déjà largement installé dans l’opinion publique sénégalaise.
— LeCri24
