À 69 ans, l’ancienne diplomate et double ministre s’impose comme la seule femme dans une course présidentielle dominée par les hommes. Une candidature qui porte un enjeu symbolique et politique majeur pour la Guinée.
À l’approche de la présidentielle du 28 décembre 2025, les regards se tournent vers une figure qui détonne dans un paysage électoral marqué par la rivalité masculine : Hadja Makalé Camara, 69 ans, unique femme parmi les neuf candidats en lice. Ancienne ambassadrice, deux fois ministre — sous les présidences de général Lansana Conté et d’Alpha Condé — elle s’avance avec l’expérience d’un long parcours au service de l’État.
Une candidature qui porte un symbole fort
Femme d’État, juriste de formation, diplomate reconnue, Makalé Camara se distingue par un parcours qui traverse plusieurs décennies de vie publique. Pour de nombreuses femmes guinéennes, sa présence dans la course représente une forme d’espérance et de reconnaissance dans un environnement politique où la participation féminine reste limitée.
« Je suis une femme qui a servi ce pays à différents niveaux. Aujourd’hui, je veux apporter une alternative crédible », confiait-elle récemment lors d’une rencontre avec ses partisans.
Un profil expérimenté au cœur d’une élection décisive
Au-delà du symbole, la candidate du Fonds National pour le Développement (FND) s’appuie sur une solide expérience institutionnelle. Ancienne cheffe de la diplomatie guinéenne et ex-ministre des Affaires étrangères, elle a également été représentante de la Guinée dans plusieurs capitales africaines et européennes.
Son équipe de campagne insiste sur sa “capacité de dialogue”, sa “connaissance des enjeux nationaux” et sa “vision axée sur les réformes sociales et institutionnelles”.
Quels défis pour Makalé Camara ?
Dans une élection où la compétition promet d’être rude, Makalé Camara devra convaincre un électorat encore marqué par les clivages politiques, les attentes socio-économiques et la lassitude face aux promesses non tenues.
Les analystes estiment que son principal défi sera d’élargir sa base électorale, traditionnellement plus forte parmi les femmes urbaines et les milieux intellectuels, mais encore limitée dans les zones rurales où la bataille des voix sera décisive.
Une candidature qui ouvre le débat sur la représentativité
La présence d’une seule femme dans cette présidentielle interroge aussi la capacité du pays à promouvoir une participation politique équilibrée. Si l’élection de 2025 marque une avancée symbolique, elle rappelle aussi le long chemin restant pour une représentation plus inclusive dans les institutions.
Qu’attendre pour la suite ?
À mesure que la campagne s’intensifie, Makalé Camara devrait dévoiler davantage ses priorités : gouvernance, justice sociale, autonomisation des femmes, diplomatie économique… autant de thèmes qui pourraient structurer un débat présidentiel encore flou.
Son impact dans les urnes reste à mesurer, mais une chose est certaine : sa candidature apporte une voix singulière, capable de rééquilibrer les discours et de rappeler le rôle incontournable des femmes dans la construction démocratique.
— LeCri24
